January 1,2011
Cameroun 1955-1962 : la guerre cachée de la France en Afrique
Cameroun 1955-1962 : la guerre cachée de la France en Afrique By David Servenay
Paris a livré une guerre totale aux indépendantistes camerounais, aujourd'hui dénoncée par le livre-enquête « Kamerun ! »
C'était la guerre. Une guerre avec des dizaines de milliers de morts, à 5 000 km de la métropole, loin du regard d'une opinion fascinée par les « événements » d'Algérie. Et pourtant, cette vraie boucherie s'inscrit dans la lignée des pires conflits coloniaux, Algérie et Indochine.
Aujourd'hui encore, peu de Français savent que leur armée fut engagée sept ans au Cameroun [1], de 1955 à 1962, pour éradiquer l'UPC [2], un mouvement « rebelle ». Sept années de guerre totale.
Cette patiente et longue enquête menée par un groupe de journalistes et d'historiens franco-camerounais devrait enfin faire sauter le couvercle.
« Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) » [3] de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, confronte des dizaines de témoins retrouvés dans les deux camps et des milliers de pages d'archives (diplomatiques et militaires) pour arriver à une conclusion limpide : la France a fait la guerre au Cameroun pendant sept ans.
Une guerre totale, pour reprendre l'expression des théoriciens de la doctrine de la guerre révolutionnaire (DGR [4]), radicale et sans merci. La fameuse guerre des cœurs et des esprits, avec l'arsenal d'un exceptionnel dispositif de renseignement fondé sur :
•le regroupement forcé de villages,
•le quadrillage de la population,
•l'action psychologique à grande échelle,
•la chasse aux maquis clandestins,
•l'exécution ciblée des dirigeants de la rébellion,
•la torture érigée en arme de terreur massive.
Bilan : de 20 000 à 120 000 morts
Au Cameroun, pas une famille qui n'ait échappé à cette violence, surtout en Sanaga maritime (entre Douala et Yaoundé) et en pays Bamiléké (dans l'ouest). A l'époque, chacun est sommé de choisir son camp :
•soit celui des rebelles de l'UPC, Union des populations du Cameroun, mouvement réclamant l'indépendance du territoire à partir de 1948 ;
•soit celui de la France, administrateur de cet état sous tutelle des Nations unies, qui tient à garder le contrôle de son pré-carré.
Le conflit éclate au printemps 1955 par des émeutes dans les grandes villes. Sévèrement réprimées, elles poussent les militants de l'UPC à prendre le chemin de la clandestinité.
Décembre 57 : Paris décide de déployer la zone de pacification du Cameroun (Zopac), réplique du dispositif de la bataille d'Alger conduite par Massu [5], mais dans un cadre rural. Un certain Pierre Messmer [6], Haut-commissaire du territoire, est à la manœuvre. En métropole, personne n'est au courant, décrypte Manuel Domergue.
Ce silence s'explique en grande partie par l'absence de curiosité de la presse, le manque d'études historiques (à part celles d'Achille Mbembe et les livres de l'écrivain Mongo Beti), mais surtout par la propagande intense des autorités françaises pour couvrir les exactions commises par des unités militaires souvent composées de supplétifs tchadiens, congolais, sénégalais…
S'il est délicat d'établir un bilan précis des victimes de ce conflit, les auteurs livrent une fourchette d'estimations :
•20 000 morts pour la seule année 1960, selon le général Max Briand, chef des opérations militaires ;
•20 000 à 100 000 morts entre décembre 1959 et juillet 1961, selon la revue Réalités ;
•61 300 à 76 300 civils tués de 1956 à 1964, selon les archives britanniques citées par l'historienne Meredith Terretta ;
•120 000 morts pour les trois années d'insurrection en pays Bamiléké, selon André Blanchet, journaliste au Monde citant une source anonyme.
On est donc loin d'un « génocide » tel que le relaient de nombreuses voix militantes sur le Web. Au passage, le lecteur apprendra que l'ouvrage terrifiant et exagéré attribué à un certain Max Bardet [7] est vraisemblablement l'œuvre de Constantin Melnik, ancien patron des services secrets à Matignon sous Michel Debré. Pour autant, ce bilan reste très lourd pour une population estimée à 3 millions de personnes.
La torture, outil de guerre banalisé à grande échelle
Cette grande « efficacité » à éradiquer les maquisards réfugiés dans les forêts montagneuses du pays Bamiléké tient à l'expérience des soldats qui mènent cette « pacification ». Anciens d'Indochine et d'Algérie, ils maîtrisent à la perfection les leçons du colonel Charles Lacheroy, le théoricien de la DGR. Souvent, ils ont aussi servi sous les ordres des colonels Bigeard et Trinquier, maîtres d'œuvre de la bataille d'Alger.
Au Cameroun, ils adaptent leur savoir-faire en généralisant :
•les assassinats ciblés des dirigeants de la rébellion (un peu comme le plan Phoenix mené par la CIA au Vietnam dans les années 1967-1972) ;
•la torture des opposants pour forcer la conversion des rebelles et faire basculer les civils par la terreur.
Ce dernier volet est particulièrement développé, au point que des fonctionnaires français – un juge ou un sous-préfet qui témoignent pour la première fois dans cet ouvrage – tenteront en vain d'en freiner l'usage.
Au bout des 650 pages de ce récit captivant, on comprend mieux comment les régimes du pré-carré africain (dont le Cameroun, affirment les auteurs, fut le laboratoire) s'appuient sur des structures sécuritaires très solides.
Entièrement basées sur le renseignement, hyper centralisées autour du chef de l'Etat (le président Ahidjo fut un modèle du genre), elles permettent de contrôler la vie politique et de museler tout opposant.
Paris a livré une guerre totale aux indépendantistes camerounais, aujourd'hui dénoncée par le livre-enquête « Kamerun ! »
C'était la guerre. Une guerre avec des dizaines de milliers de morts, à 5 000 km de la métropole, loin du regard d'une opinion fascinée par les « événements » d'Algérie. Et pourtant, cette vraie boucherie s'inscrit dans la lignée des pires conflits coloniaux, Algérie et Indochine.
Aujourd'hui encore, peu de Français savent que leur armée fut engagée sept ans au Cameroun [1], de 1955 à 1962, pour éradiquer l'UPC [2], un mouvement « rebelle ». Sept années de guerre totale.
Cette patiente et longue enquête menée par un groupe de journalistes et d'historiens franco-camerounais devrait enfin faire sauter le couvercle.
« Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) » [3] de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, confronte des dizaines de témoins retrouvés dans les deux camps et des milliers de pages d'archives (diplomatiques et militaires) pour arriver à une conclusion limpide : la France a fait la guerre au Cameroun pendant sept ans.
Une guerre totale, pour reprendre l'expression des théoriciens de la doctrine de la guerre révolutionnaire (DGR [4]), radicale et sans merci. La fameuse guerre des cœurs et des esprits, avec l'arsenal d'un exceptionnel dispositif de renseignement fondé sur :
•le regroupement forcé de villages,
•le quadrillage de la population,
•l'action psychologique à grande échelle,
•la chasse aux maquis clandestins,
•l'exécution ciblée des dirigeants de la rébellion,
•la torture érigée en arme de terreur massive.
Bilan : de 20 000 à 120 000 morts
Au Cameroun, pas une famille qui n'ait échappé à cette violence, surtout en Sanaga maritime (entre Douala et Yaoundé) et en pays Bamiléké (dans l'ouest). A l'époque, chacun est sommé de choisir son camp :
•soit celui des rebelles de l'UPC, Union des populations du Cameroun, mouvement réclamant l'indépendance du territoire à partir de 1948 ;
•soit celui de la France, administrateur de cet état sous tutelle des Nations unies, qui tient à garder le contrôle de son pré-carré.
Le conflit éclate au printemps 1955 par des émeutes dans les grandes villes. Sévèrement réprimées, elles poussent les militants de l'UPC à prendre le chemin de la clandestinité.
Décembre 57 : Paris décide de déployer la zone de pacification du Cameroun (Zopac), réplique du dispositif de la bataille d'Alger conduite par Massu [5], mais dans un cadre rural. Un certain Pierre Messmer [6], Haut-commissaire du territoire, est à la manœuvre. En métropole, personne n'est au courant, décrypte Manuel Domergue.
Ce silence s'explique en grande partie par l'absence de curiosité de la presse, le manque d'études historiques (à part celles d'Achille Mbembe et les livres de l'écrivain Mongo Beti), mais surtout par la propagande intense des autorités françaises pour couvrir les exactions commises par des unités militaires souvent composées de supplétifs tchadiens, congolais, sénégalais…
S'il est délicat d'établir un bilan précis des victimes de ce conflit, les auteurs livrent une fourchette d'estimations :
•20 000 morts pour la seule année 1960, selon le général Max Briand, chef des opérations militaires ;
•20 000 à 100 000 morts entre décembre 1959 et juillet 1961, selon la revue Réalités ;
•61 300 à 76 300 civils tués de 1956 à 1964, selon les archives britanniques citées par l'historienne Meredith Terretta ;
•120 000 morts pour les trois années d'insurrection en pays Bamiléké, selon André Blanchet, journaliste au Monde citant une source anonyme.
On est donc loin d'un « génocide » tel que le relaient de nombreuses voix militantes sur le Web. Au passage, le lecteur apprendra que l'ouvrage terrifiant et exagéré attribué à un certain Max Bardet [7] est vraisemblablement l'œuvre de Constantin Melnik, ancien patron des services secrets à Matignon sous Michel Debré. Pour autant, ce bilan reste très lourd pour une population estimée à 3 millions de personnes.
La torture, outil de guerre banalisé à grande échelle
Cette grande « efficacité » à éradiquer les maquisards réfugiés dans les forêts montagneuses du pays Bamiléké tient à l'expérience des soldats qui mènent cette « pacification ». Anciens d'Indochine et d'Algérie, ils maîtrisent à la perfection les leçons du colonel Charles Lacheroy, le théoricien de la DGR. Souvent, ils ont aussi servi sous les ordres des colonels Bigeard et Trinquier, maîtres d'œuvre de la bataille d'Alger.
Au Cameroun, ils adaptent leur savoir-faire en généralisant :
•les assassinats ciblés des dirigeants de la rébellion (un peu comme le plan Phoenix mené par la CIA au Vietnam dans les années 1967-1972) ;
•la torture des opposants pour forcer la conversion des rebelles et faire basculer les civils par la terreur.
Ce dernier volet est particulièrement développé, au point que des fonctionnaires français – un juge ou un sous-préfet qui témoignent pour la première fois dans cet ouvrage – tenteront en vain d'en freiner l'usage.
Au bout des 650 pages de ce récit captivant, on comprend mieux comment les régimes du pré-carré africain (dont le Cameroun, affirment les auteurs, fut le laboratoire) s'appuient sur des structures sécuritaires très solides.
Entièrement basées sur le renseignement, hyper centralisées autour du chef de l'Etat (le président Ahidjo fut un modèle du genre), elles permettent de contrôler la vie politique et de museler tout opposant.
October 5,2010
Automne, Octobre à Alger
Le 5 octobre 1988, les jeunes Algériens occupent la rue...
Automne, Octobre à Alger, un film de Malik Lakhdar-Hamina
1988年10月05日,"阿爾及利亞之秋",阿爾及利亞的一場青春起義,迎來的卻是一場荒謬寧靜的十年殺戮,史稱「黑暗時年.沒有名字的戰爭」。本片是我最愛、高價收藏其VHS的稀世珍片,充滿智慧的憤怒詩意將阿國當代政經社會潑灑得讓人顫抖!而後其他獨立影人的相關作品皆是輪迴!(反應阿國政治系統之悲)今日重溫,紀念之。
L'histoire d'une famille algérienne vivant dans la morosité sociale et la banalité du quotidien. Lala Kheira, la mère, assure par son calme et sa force intérieure la pérennité de la tribu. Djihad le frère aîné musicien, peut grâce aux représentations de son groupe, nourrir sa famille. Hakim, le frère barbu navigue entre la mosquée et la maison, et distribue les interdits à tout le monde et surtout à sa sœur Nawel. Enfin, Karim, le jeune mongolien. Amel, la femme de Djihad, animatrice à la radio se bat pour une meilleure condition de la femme alors que Saida, la femme de Hakim, reste obéissante et soumise. Autour de la famille gravitent Momo, jeune "trabendiste" de dix-huit ans qui aime Nawel, Zombretto, le sage clochard pour qui "le rêve de l'indépendance tourne à la nostalgie et au désespoir", Ramsès le frère du commissaire qui fait la loi dans le milieu. Au dehors, c'est la montée de l'intégrisme et de l'intolérance, les déceptions et les interdits, la corruption, le népotisme, l'abus de pouvoir et l'injustice. Le 5 octobre 1988, les jeunes Algériens occupent la rue... ...繼續閱讀
Automne, Octobre à Alger, un film de Malik Lakhdar-Hamina
1988年10月05日,"阿爾及利亞之秋",阿爾及利亞的一場青春起義,迎來的卻是一場荒謬寧靜的十年殺戮,史稱「黑暗時年.沒有名字的戰爭」。本片是我最愛、高價收藏其VHS的稀世珍片,充滿智慧的憤怒詩意將阿國當代政經社會潑灑得讓人顫抖!而後其他獨立影人的相關作品皆是輪迴!(反應阿國政治系統之悲)今日重溫,紀念之。
L'histoire d'une famille algérienne vivant dans la morosité sociale et la banalité du quotidien. Lala Kheira, la mère, assure par son calme et sa force intérieure la pérennité de la tribu. Djihad le frère aîné musicien, peut grâce aux représentations de son groupe, nourrir sa famille. Hakim, le frère barbu navigue entre la mosquée et la maison, et distribue les interdits à tout le monde et surtout à sa sœur Nawel. Enfin, Karim, le jeune mongolien. Amel, la femme de Djihad, animatrice à la radio se bat pour une meilleure condition de la femme alors que Saida, la femme de Hakim, reste obéissante et soumise. Autour de la famille gravitent Momo, jeune "trabendiste" de dix-huit ans qui aime Nawel, Zombretto, le sage clochard pour qui "le rêve de l'indépendance tourne à la nostalgie et au désespoir", Ramsès le frère du commissaire qui fait la loi dans le milieu. Au dehors, c'est la montée de l'intégrisme et de l'intolérance, les déceptions et les interdits, la corruption, le népotisme, l'abus de pouvoir et l'injustice. Le 5 octobre 1988, les jeunes Algériens occupent la rue... ...繼續閱讀
May 5,2010
阿爾及利亞電影 VIII - 哈須德.布夏瑞伯 (Rachid Bouchareb)
哈須德.布夏瑞伯(Rachid Bouchareb)阿爾及利亞裔的法國導演兼製片人。一九五三年九月一日出生於巴黎。其父母皆來自阿爾及利亞,於戰後移居法國。
哈須德.布夏瑞伯於一九七七年至一九八四年間在電視台幹導演助理的工作。同一時期獨立編導了不少短片。一九八四年執導了第一部電影長片《巴頓魯治》(Bâton Rouge),講述幾個巴黎郊區少年努力出人頭地的故事。一九八九年,他與尚.布黑亞(Jean Bréhat)一起成立3B電影製作公司,出品許多長片。一九九五年,他所執導的電影長片《滾滾紅塵》(Poussières de vie)獲得奧斯卡最佳外語片提名。二○○一年,講一名非洲老博物館員前往美國追尋黑奴歷史與後代的《小塞內加爾》(Little Senegal)被提名柏林金熊獎;榮獲第十一屆馬利非洲電影節最佳影片。他最大的成功與榮耀是二○○六年於法國坎城影展上榮獲最佳男主角群的影片《光榮歲月》(Indigènes),享譽全世界,隨後亦獲奧斯卡最佳外語片提名。該片向原籍北非的法國戰士致敬,毋忘歷史。二○○九年的一部描述○五年倫敦爆炸案一名法籍的穆斯父親和一名天主教母親尋親故事的小成本電影《倫敦河》(London River)讓身兼演員與前馬利、布吉那法索足球員Sotigui Kouyaté榮獲柏林影展最佳男主角銀熊獎。後者於今年四月十七日肺炎病逝,享年七十四歲。
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哈須德.布夏瑞伯於一九七七年至一九八四年間在電視台幹導演助理的工作。同一時期獨立編導了不少短片。一九八四年執導了第一部電影長片《巴頓魯治》(Bâton Rouge),講述幾個巴黎郊區少年努力出人頭地的故事。一九八九年,他與尚.布黑亞(Jean Bréhat)一起成立3B電影製作公司,出品許多長片。一九九五年,他所執導的電影長片《滾滾紅塵》(Poussières de vie)獲得奧斯卡最佳外語片提名。二○○一年,講一名非洲老博物館員前往美國追尋黑奴歷史與後代的《小塞內加爾》(Little Senegal)被提名柏林金熊獎;榮獲第十一屆馬利非洲電影節最佳影片。他最大的成功與榮耀是二○○六年於法國坎城影展上榮獲最佳男主角群的影片《光榮歲月》(Indigènes),享譽全世界,隨後亦獲奧斯卡最佳外語片提名。該片向原籍北非的法國戰士致敬,毋忘歷史。二○○九年的一部描述○五年倫敦爆炸案一名法籍的穆斯父親和一名天主教母親尋親故事的小成本電影《倫敦河》(London River)讓身兼演員與前馬利、布吉那法索足球員Sotigui Kouyaté榮獲柏林影展最佳男主角銀熊獎。後者於今年四月十七日肺炎病逝,享年七十四歲。
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August 25,2009
July 22,2009
非洲,最後的 Far West
非洲,最後的 Far West
蜂擁而至非洲的可耕地正快馬加鞭地進行著。近五年來,好幾百公頃的農耕地被跨國際業主買斷。到底是一場簡單而純粹的掠奪抑或是發展農業產值一個值得把握的機會?
「享有良好的副熱帶氣候的非洲國家以及灌溉充足的土地尋找感興趣的外國投資者,開發二十五萬公頃的農地,繳付低廉的地租。享財務優惠且保證收成有餘。」如此這般的廣告詞當然引人注目。使得需求越來越強。到二○○八年底,尚-伊夫.卡爾凡丹(Jean-Yves Carfantan)在全球糧食危機(Le Choc alimentaire mondial)一書中指出,於國境外持有可耕地的前五名國家分別為:中國、南韓、阿拉伯聯合大公國、日本以及沙烏地阿拉伯。「整體而言,今日他們掌握有超過七千六百萬公頃的海外可耕地,大約是比利時農業表面積的五、六倍。」同時他們再也不是肥沃大地唯一的垂涎者。這是透過與聯合國農業與糧食組織(FAO)和農業發展國際基金會(Fida)合作的國際環境與發展學會(IIED)於五月二十五日發表有關此一現象在非洲的結論之一。該份以「在非洲的國際農業投資與地產轉讓」為題的文件警惕此經濟現象居心叵測的影響。土地交易量劇烈上升,帶引著風險,對貧窮的人口而言,失去對其生命之土的支配權利。因為許多的國家似乎在大程度的土地轉租的情況下無能維護其子民的利益。呼應了法國知名經濟學家派翠克.阿圖斯(Patrick Artus)在其二○○八年新作全球最糟的時代來臨 (Globalisation, le pire est à venir)一書裡預測無法駕馭的全球化現象之一徵兆:不平等的經濟體破壞社會結構並引發防衛的緊張情勢。
儘管如此,這項調查指出,讓租土地一事能幫助地主國家的經濟成長、收成經銷有保障、創造就業機會、振興基礎建設,甚至,多虧他人高新的科技達到了產量的提升。出賣農地一事畢竟還是被概括為一場單純的「掠奪」。然而,面對來自保留地產所有權這邊的壓力,多數(非洲)國家並沒有充足的機制來保護其人口與其利益。如果我們附帶知道其中缺乏透明化以及當局的控查不力,我們便能明白,在交涉的過程中不平等合約多能通行無阻。
聯合國糧食權的特報員,奧利維耶.舒特(Olivier de Schutter),對於土地買賣在發展中國家擴張的情況大感憂心忡忡。「獨攬、專斷」式的操作達到足以令人擔心的快節奏。三年來,尤其在非洲,一千五百萬至兩千萬公頃成為主要的轉讓目標。同時,專家們評估,到二○三○年,得再多出一億兩千萬公頃的地以供需求。 ...繼續閱讀
蜂擁而至非洲的可耕地正快馬加鞭地進行著。近五年來,好幾百公頃的農耕地被跨國際業主買斷。到底是一場簡單而純粹的掠奪抑或是發展農業產值一個值得把握的機會?
「享有良好的副熱帶氣候的非洲國家以及灌溉充足的土地尋找感興趣的外國投資者,開發二十五萬公頃的農地,繳付低廉的地租。享財務優惠且保證收成有餘。」如此這般的廣告詞當然引人注目。使得需求越來越強。到二○○八年底,尚-伊夫.卡爾凡丹(Jean-Yves Carfantan)在全球糧食危機(Le Choc alimentaire mondial)一書中指出,於國境外持有可耕地的前五名國家分別為:中國、南韓、阿拉伯聯合大公國、日本以及沙烏地阿拉伯。「整體而言,今日他們掌握有超過七千六百萬公頃的海外可耕地,大約是比利時農業表面積的五、六倍。」同時他們再也不是肥沃大地唯一的垂涎者。這是透過與聯合國農業與糧食組織(FAO)和農業發展國際基金會(Fida)合作的國際環境與發展學會(IIED)於五月二十五日發表有關此一現象在非洲的結論之一。該份以「在非洲的國際農業投資與地產轉讓」為題的文件警惕此經濟現象居心叵測的影響。土地交易量劇烈上升,帶引著風險,對貧窮的人口而言,失去對其生命之土的支配權利。因為許多的國家似乎在大程度的土地轉租的情況下無能維護其子民的利益。呼應了法國知名經濟學家派翠克.阿圖斯(Patrick Artus)在其二○○八年新作全球最糟的時代來臨 (Globalisation, le pire est à venir)一書裡預測無法駕馭的全球化現象之一徵兆:不平等的經濟體破壞社會結構並引發防衛的緊張情勢。
儘管如此,這項調查指出,讓租土地一事能幫助地主國家的經濟成長、收成經銷有保障、創造就業機會、振興基礎建設,甚至,多虧他人高新的科技達到了產量的提升。出賣農地一事畢竟還是被概括為一場單純的「掠奪」。然而,面對來自保留地產所有權這邊的壓力,多數(非洲)國家並沒有充足的機制來保護其人口與其利益。如果我們附帶知道其中缺乏透明化以及當局的控查不力,我們便能明白,在交涉的過程中不平等合約多能通行無阻。
聯合國糧食權的特報員,奧利維耶.舒特(Olivier de Schutter),對於土地買賣在發展中國家擴張的情況大感憂心忡忡。「獨攬、專斷」式的操作達到足以令人擔心的快節奏。三年來,尤其在非洲,一千五百萬至兩千萬公頃成為主要的轉讓目標。同時,專家們評估,到二○三○年,得再多出一億兩千萬公頃的地以供需求。 ...繼續閱讀
June 20,2009
阿爾及利亞電影 VII - 塔里克.忒基亞 (Tariq Teguia)
塔里克.忒基亞,阿爾及利亞導演,生於一九六六年阿爾及爾。曾於巴黎學習哲學與造型藝術。在阿爾及利亞一家報社幹過攝影師,也曾任教於阿爾及爾藝術學院。執導過四部短片:Kech'mouvement (1996), Le Chien (1996), Ferrailles d'attente (1998) et La Clôture (2002)。隨後投入劇情長片拍攝,皆獲國際讚譽。
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June 19,2009
阿爾及利亞電影 VI - 莫扎克.阿洛维奇 (Merzak Allouache)
莫扎克.阿洛维奇,阿爾及利亞導演。一九四四年十月六日出生於首都阿爾及爾。一九六四年開始在阿爾及爾的國家電影機構(INC)學習,執導過無數短片。隨後轉往法國國家高等影像與聲音專業學校(La FEMIS)修業完成。七○年代返回阿爾及利亞,先在阿爾及利亞新聞中心(OAA)工作。一九七五年加入國家電影工商辦公室(ONCIC)董事,期間拍製過兩部紀錄片。一九七七年導演的第一部劇情長片【奧馬青年】(Omar Gatlato),榮獲數個國際影展獎項。該片講述一個生活在首都阿爾及爾的青年小職員奧馬的日常生活。他在查緝贗品部門工作,愛自誇卻又害羞。住在人滿為患的家中。熱愛音樂,擁有一台迷你收音機。一天,參加婚宴散場後,遭到打劫搶走收音機,從此平靜的生活被攪亂了。後來,一位亦正亦邪的朋友替他弄來一台收音機,還附贈空白錄音帶一捲。奧馬迫不及待想要測試收音機。誰知道,從這捲"空白"錄音帶中竟傳來一位陌生女子的聲音,聲音訴說著一些事...
這是第一次在阿爾及利亞電影中沒有描寫殖民主義惡行、獨立戰爭的恐怖、政治動盪,卻僅僅是單純呈現這些不知道國家苦難過去的年輕人們日常生活的電影。是一部關於今日阿爾及利亞年輕人的輕鬆、可口、著重現實的社會學電影。莫扎克.阿洛维奇導演的作品總是充滿(幽默)智慧、富使命感、反應社會現實與人道關注。將政治惡劣、生活窒息的人們的故事說得引人入勝、集集精彩! ...繼續閱讀
April 2,2009
控制下的總統選舉 - L’Algérie toujours sous le voile !
二○○九年四月九日阿爾及利亞的總統大選將會照哪套劇本來進行呢?
阿爾及利亞人將選舉出他們的新任總統。然而,他們真的有選擇嗎?
現任總統布特弗利卡(Abdelaziz Bouteflika)在沒有國會的支持下修改憲法、修改總統選舉法,為了使自己能第三次連任。這無非是事先作弊嗎?
布特弗利卡將與其他五位候選人角逐席位。然而,這五位總統候選人只不過是配角罷了,競選活動也僅是為了現任總統作秀。阿爾及利亞處處高掛著布特弗利卡的巨幅肖像宣傳海報,所有的國家資源只為他服務。
一場選舉騙術即將在此展開,在這個因第二次阿爾及利亞戰爭(內戰,極端伊斯蘭軍與政府軍事力量的戰爭)尚未包紮、醫治好傷口的國家。這場衝突曾經是最殘酷的事件之一,超過二十萬人死亡,一萬五千人下落不明和大約兩百萬人流離失所,竟在政府當局與伊斯蘭軍祕密訂約後消失在國際舞台上。國家和解與和平憲章亦在毫無辯論的情況下被表決通過。
多年來的創傷、專制、箝制言論的政體、抑鬱消沈的社會景象。來自ARTE的外國記者,與其報導這場毫無意義的選舉,轉向了解該國當今年輕人的社會狀況,得面臨控制政體下所建立起來的警察監視機器。當記者嘗試前往沿途會經過的阿拿巴(Annaba)地方,警察前來阻止拍攝。原來,阿拿巴沿岸是那些年輕的阿爾及利亞男孩用生命換取離開這個沒有言論自由、社會資源極度不平衡的極權國家,想盡辦法偷渡往歐洲的出發點...
延伸收聽瑞士法語廣播RSR:
http://www.rsr.ch/espace-2/les-temps-qui-courent/selectedDate/2/4/2009#20090402-l2019algerie-toujours-sous-le-voile ...繼續閱讀
阿爾及利亞人將選舉出他們的新任總統。然而,他們真的有選擇嗎?
現任總統布特弗利卡(Abdelaziz Bouteflika)在沒有國會的支持下修改憲法、修改總統選舉法,為了使自己能第三次連任。這無非是事先作弊嗎?
布特弗利卡將與其他五位候選人角逐席位。然而,這五位總統候選人只不過是配角罷了,競選活動也僅是為了現任總統作秀。阿爾及利亞處處高掛著布特弗利卡的巨幅肖像宣傳海報,所有的國家資源只為他服務。
一場選舉騙術即將在此展開,在這個因第二次阿爾及利亞戰爭(內戰,極端伊斯蘭軍與政府軍事力量的戰爭)尚未包紮、醫治好傷口的國家。這場衝突曾經是最殘酷的事件之一,超過二十萬人死亡,一萬五千人下落不明和大約兩百萬人流離失所,竟在政府當局與伊斯蘭軍祕密訂約後消失在國際舞台上。國家和解與和平憲章亦在毫無辯論的情況下被表決通過。
多年來的創傷、專制、箝制言論的政體、抑鬱消沈的社會景象。來自ARTE的外國記者,與其報導這場毫無意義的選舉,轉向了解該國當今年輕人的社會狀況,得面臨控制政體下所建立起來的警察監視機器。當記者嘗試前往沿途會經過的阿拿巴(Annaba)地方,警察前來阻止拍攝。原來,阿拿巴沿岸是那些年輕的阿爾及利亞男孩用生命換取離開這個沒有言論自由、社會資源極度不平衡的極權國家,想盡辦法偷渡往歐洲的出發點...
延伸收聽瑞士法語廣播RSR:
http://www.rsr.ch/espace-2/les-temps-qui-courent/selectedDate/2/4/2009#20090402-l2019algerie-toujours-sous-le-voile ...繼續閱讀
March 3,2009
阿爾及利亞電影 V - 馬雷克.賓.斯馬義 (Malek BenSmaïl)
馬雷克.賓.斯馬義,阿爾及利亞導演,生於一九六六年位於阿國東方的康士坦汀市(Constantine)。現僑居法國。年輕時便開始以超八釐米拍攝實驗影片,還曾獲得阿爾及利亞業餘電影國家大獎。於巴黎高等電影學校完成學業;隨後前往聖彼得堡一間名為Lenfilm的工作室實習。他專注於紀錄片的創作,重心放在紀錄他的國家:新世紀的阿爾及利亞社會所面臨的種種危機。其作品主要描繪與呈現人類的複雜性與情節:民主、現代-傳統、語言、認同以及社會問題。導演對於紀錄下屬於當代的記憶有著迫切的使命感,認為拍攝紀錄片正是民主的反思問題之手段。
個人網站:http://malek.bensmail.free.fr/ ...繼續閱讀
February 11,2009
「阿爾及利亞是我的硬碟」
10/02/2009 14:34:17 - Jeune Afrique- Par : Propos recueillis par Faïza Ghozali
幽默大師 FELLAG 接受法國「年輕非洲」(Jeune Afrique)雜誌專訪 — 「阿爾及利亞是我的硬碟」Fellag : "L'Algérie est mon disque dur"
來自阿爾及利亞的幽默大師Fellag帶著「所有的阿爾及利亞人都是機械員」一劇再返舞台。這次,也是有史一來第一次,他和一名女演員一起分享舞台。這齣「雙口個人秀」在法國的巡迴演出上大獲成功。
舞台上晾著曬乾的白床單。背景傳來車流與喇叭的亂鳴聲。Fellag急急忙忙地推著一個大輪胎上了舞台。他換下了自二○○四年起「最後一隻駱駝」一劇中吊帶褲裝束的形象。
場景轉至首都阿爾及,他穿上屬於工人的藍色制服。Said先生的504寶獅汽車故障了。面對停滯的增炭器、精疲力盡的電池、漏水的暖氣機,人類的天性忘卻爭執以最初的團結來和解。機械性能是解決日常繁雜瑣事的一門藝術。
新鮮的是,Fellag這次的演出中女演員Marianne Épin加入了舞台空間。二人飾演一對散發著地中海的激情、豪爽的夫妻。他們讓我們發現多采多姿的人物。他們向我們吐露日常生活的荒謬,利用詭計為了達到現代化與新科技,他們見證每個人的靈巧性。機械維修廠的生意、利用古斯米的大圓盤和離奇的技術生產衛星天線接收國際媒體、發揮機智妙法應付一九八○年至今的限水問題,這對夫妻是抵制機械無意識論的主角。結合阿爾及利亞的缺水危機、大批中國人的到來、汽車機械,於這個傳統與現代仍不斷玩著貓捉老鼠遊戲的社會,透過時而黑色、時而淡淡柔和的幽默給經常鏽蝕的心裡平衡與希望的零件「擦上潤滑油」。
「年輕非洲」雜誌問:首先能談一談「雙口個人秀」的出演形式嗎?
Fellag答:這詞用得一點也沒有錯,正是如此。我是從一九八八年開始從事「個人秀」(one-man show)的,二十年來都是獨自演出。但在此之前,我也曾在眾多的劇團裡演出過,比方說阿爾及利亞國家劇院。我一直有意重返劇場,最初的愛與熱情。
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幽默大師 FELLAG 接受法國「年輕非洲」(Jeune Afrique)雜誌專訪 — 「阿爾及利亞是我的硬碟」Fellag : "L'Algérie est mon disque dur"
來自阿爾及利亞的幽默大師Fellag帶著「所有的阿爾及利亞人都是機械員」一劇再返舞台。這次,也是有史一來第一次,他和一名女演員一起分享舞台。這齣「雙口個人秀」在法國的巡迴演出上大獲成功。
舞台上晾著曬乾的白床單。背景傳來車流與喇叭的亂鳴聲。Fellag急急忙忙地推著一個大輪胎上了舞台。他換下了自二○○四年起「最後一隻駱駝」一劇中吊帶褲裝束的形象。
場景轉至首都阿爾及,他穿上屬於工人的藍色制服。Said先生的504寶獅汽車故障了。面對停滯的增炭器、精疲力盡的電池、漏水的暖氣機,人類的天性忘卻爭執以最初的團結來和解。機械性能是解決日常繁雜瑣事的一門藝術。
新鮮的是,Fellag這次的演出中女演員Marianne Épin加入了舞台空間。二人飾演一對散發著地中海的激情、豪爽的夫妻。他們讓我們發現多采多姿的人物。他們向我們吐露日常生活的荒謬,利用詭計為了達到現代化與新科技,他們見證每個人的靈巧性。機械維修廠的生意、利用古斯米的大圓盤和離奇的技術生產衛星天線接收國際媒體、發揮機智妙法應付一九八○年至今的限水問題,這對夫妻是抵制機械無意識論的主角。結合阿爾及利亞的缺水危機、大批中國人的到來、汽車機械,於這個傳統與現代仍不斷玩著貓捉老鼠遊戲的社會,透過時而黑色、時而淡淡柔和的幽默給經常鏽蝕的心裡平衡與希望的零件「擦上潤滑油」。
「年輕非洲」雜誌問:首先能談一談「雙口個人秀」的出演形式嗎?
Fellag答:這詞用得一點也沒有錯,正是如此。我是從一九八八年開始從事「個人秀」(one-man show)的,二十年來都是獨自演出。但在此之前,我也曾在眾多的劇團裡演出過,比方說阿爾及利亞國家劇院。我一直有意重返劇場,最初的愛與熱情。
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