February 10,2007 18:38

Deux ou trois choses d’Oran que je savais…

我知道關於俄蘭城的二三事…

« À première vue, Oran est, en effet, une ville ordinaire et rien de plus qu’une préfecture française de la côte algérienne. (…)

Une manière commode de faire la connaissannce d’une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt. Dans notre petite ville, est-ce l’effet du climat, tout cela se fait ensemble, du même air frénétique et absent. C’est-à-dire qu’on s’y ennuie et qu’on s’y applique à prendre des habitudes. Nos concitoyens travaillent beaucoup, mais toujours pour s’enrichir. Ils s’intéressent surtout au commerce et ils s’occupent d’abord, selon leur expression, de faire des affaires. Naturellement ils ont du goût aussi pour les joies simples, ils aiment les femmes, le cinéma et les bains de mer. Mais très raisonnablement, ils réservent les plaisir pour le samedi soir et le dimanche, essayant, les autres jours de la semaine, de gagner beaucoup d’argent. Le soir, lorsqu’ils quittent leur bureaux, ils se réunissent à heure fixe dans les cafés, ils se promènent sur le même boulevard ou bien ils se mettent à leurs balcons. Les désirs des plus jeunes sont violents et brefs, tandis que les vices des plus âgés ne dépassent pas les associations du boulomanes, les banquets des amicales et les cercles où l’on joue gros jeu sur le hasard des cartes.
(…) Oran est apparemment une ville sans soupçons c’est-à-dire une ville tout à fait moderne. Il n’est pas nécessaire, en conséquence, de préciser la façon dont on s’aime chez nous. Les hommes et les femme, ou bien se dévorent rapidement dans ce qu’on appelle l’acte d’amour, ou bien s’engagent dans une longue habitude à deux. Entre ces extrêmes, il n’y a pas souvent de milieu. Cela non plus n’est pas original. À Oran comme ailleurs, faute de temps et de réflexion, on est bien obligé de s’aimer sans le savoir.
Ce qui est plus original dans notre ville est la difficulté qu’on peut y trouver à mourir. (…) À Oran, les excès du climat, l’importance des affaires qu’on y traite, l’insignifiance du décor, la rapidité du crépuscule et la qualité des plaisirs, tout demande la bonne santé. »
D’après «La Peste» d’Albert Camus(1947)



我知道關於俄蘭城的二三事…
「認識一個城市的最好辦法,就是去認識裡面的人們如何工作、如何相愛、以及如何死亡。」

「當李爾聽著那從俄蘭城升起的歡呼聲,他想到這些歡樂永遠都是朝不保夕的。他知道一些事情是這些歡呼的群眾所不知道,但他們終究可以在書本上看到:黑死病的病菌不會死滅或永遠消失……。而有一天,為了給人類帶來苦難和啟發,它可能再把耗子轟起來,讓它們死在一座快樂城市的光天化日之下。」

「鼠疫桿菌決不會死滅或消失,它能在傢俱與衣櫥中潛伏很多年。它們在寢室、地窖、箱櫃、書架上等候它的時機來到,而且它也許真有那麼一天,為了給人類帶來毒害與啟示;它將再度發動其成群鼠類,把牠們送到一座快樂的城市中間死掉。」

「世上有過鼠疫的次數和發生戰爭的次數不相上下,而在鼠疫和戰爭面前,人們總是同樣的不知所措。」
──摘自卡謬《瘟疫》

  • hung_chun 發表於樂多回應(0)引用(1)Afro Culture編輯本文
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