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「我們所關心的是解放我們領土」 - « Notre préoccupation est de libérer notre territoire » >>
March 28,2012 13:52
「獨立並非給出來的,它是贏來的」- MNLA : « L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite »
專訪阿扎瓦德民族解放運動的媒體關係人Mossa Ag Attaher
2012年1月又開始了武裝軍事鬥爭的「阿扎瓦德民族解放運動」,攻佔了昂代郎布坎(Andéramboukane)、梅納卡(Menaka)、泰薩利(Tessalit)、尼亞豐凱(Niafunké)、阿蓋洛克(Aguelhoc),與馬利政府軍的對抗上節節勝利,控制了馬利北方大部分地區,而該地區最大首府基達爾(Kidal)也遭其包圍,目的在贏得阿扎瓦德獨立政權的建立。該解放運動的國內外政治局發言人Mossa Ag Attaher接受Afrik .com訪問。編譯:陳虹君
MNLA : « L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite »
Interview du porte-parole de la rebellion au Mali
Le 28 MARS 2012 / PAR DOUNIA BEN MOHAMED

問:您對三月21日的馬利政變的反應為何?您將改變戰略嗎?您擔心馬利政府軍將如政變領導人所要求的,得到更多軍事資源嗎?
答:對於政變,我們持保留態度。在此之前,我們完全沒有針對此事件發表過任何看法。我寧可說是政府軍內部的萎靡不振,而非軍事資源上的缺乏。我可以告訴您,無論哪個政客或是軍官上台,並不會有更多的資源可使。馬利當局已經用盡各種手段、戰爭資源來打擊我們。飛機、直升機、裝甲、坦克......但總是吞敗仗。所以這不是資源不足或是軍事疏忽的問題,是意志抵觸的問題。我們將保持冷靜。因為我們已經知道當局沒有更多的手段來對付我們,更不會是一名年輕沒經驗的政變軍官能將我們擊退。
問:這於當地的影響為何?您會繼續以武力,迫使當局展開新的談判嗎?
答:我們並非在要挾馬利當局的這項邏輯裡。我們希望對當局,甚至全世界,展現阿扎瓦德的人民意志。我們的目標始終如一:解放北方三大城基達爾(Kidal)、高(Gao)以及通布圖(Tombouctou)。一月17日以降,我們的戰鬥並無改變。我們將會持續戰鬥直到全區解放。如果目前掌權的軍政府明確表示願意有利政治解決我們的問題,我們都願意聽。如果馬利政府採取並接受阿扎瓦德人民的自決權,我們將在同一天停止敵對行動。相反的,如果這位新手軍官要求以新的武力來攻擊我們,那麼我們得說,一場地面決戰是不可免。
問:究竟,您在當地掌握有多少勢力?
答:如今,我們佔據阿扎瓦德地區85%的領土。而該地區最大首府基達爾(Kidal)正被我們包圍,再過不久即將解放。我們拿下最重要的軍事基地阿瑪榭克(Amachech)、泰薩利(Tessalit)、阿蓋洛克(Aguelhoc),五十年來馬利政府駐紮的基地。
問:如果說這些起義的圖瓦雷克人,要求阿扎瓦德地區自治並非新鮮事,自今年一月17日,「阿扎瓦德民族解放運動」已經成為一個結構化的政治軍事組織,且在馬利北方幾個戰略要點擊潰政府軍。該運動的性質又是什麼?
答:阿扎瓦德民族解放運動是「革命運動」不是叛亂,其中有兩個實體單位:政治局與軍事參謀。中央政治局是由阿扎瓦德年輕的行政高層組成。軍事參謀由上校Mohamed Ag Najiim領導,負責協調地面上的一切行動,其組成人員基本上由從馬利政府軍裡潛逃出來的族人、過去流亡至利比亞後遭軍事鎮壓的圖瓦雷克人。
問:戰士共有多少人?
答:一個革命運動是無法給出確切(人員)數字的。我只能告訴您我們有超過兩千人。每天都有新的成員加入。上週,有超過六十位國家級和地方級的民選官員,包括市長和阿扎瓦德地區的代表加入。政變之前他們不敢有此作為,擔心遭到報復。如今,每天都有新的成員加入我們的行列。自一九六三年以降的起義,也是第一次的真正起義反抗,從來阿扎瓦德的居民都沒有認為就此結束了。那些離開原鄉,出國留學,或是加入國外軍事組織(尤其是在利比亞),皆取得專業技術要來改變這片土地。我們認為我們不能再死在他方。
問:確切而言,利比亞危機,造成許多原本在戈達費軍隊裡效力的圖瓦雷克人紛紛帶著武器資源回到阿扎瓦德,看起來似乎是成就一月17日起義以來軍事成功的原因?
答:不盡然。我們被指控在我們軍事參謀當中有利比亞的雇傭軍。一九六三的起義之後,圖瓦雷克人受到無情的鎮壓,所有12-15歲的年輕人走上流亡之路,紛紛逃往阿爾及利亞和利比亞。在這場流亡當中,那些逃往利比亞的青年發現一個有利的局勢,那就是加入軍隊學習軍事專長。就是前利比亞強人開放招募外國士兵訓練營的年代。這些年輕人大批地加入訓練營。接受相當重要的軍事訓練。根據國際的見證,這些加入戈達費軍事訓練團的圖瓦雷克人表現出非凡的軍事能力,並且於利比亞的軍隊裡陞遷晉級。在這個國家隊裡的兵士就是國家的軍人,遵守同樣的法紀,領取同樣的薪俸。為什麼稱他們是雇傭軍?其中有五百人回到阿扎瓦德。當班加西造反起義之際,戈達費的下面的所有士兵接收到命令。但是,媒體沒說的是,加入阿扎瓦德民族解放運動的幾百名圖瓦雷克人,是早在狄波里被攻下的前四個月就回來的,更早於蘇爾特淪陷的時候。那時的圖瓦雷克人回流,是戈達費最需要其部隊的時候,這也顯示他們與利比亞領導人的分歧。其中許多軍官按自身的職責,將整個軍營的庫存武器帶來。囊括武器、車輛、制服等。這裡要指出的是,這些戰士的軍事貢獻並非最大的。最重要的是馬利政府軍擁有令人難以置信的軍備庫存,其中是作為反恐的一部份,只是國家未曾執行。我們是在政府軍兵敗如山倒的時候接收他們的軍備,多數來自法國、阿爾及利亞、美國,而我們用之取得勝利。
問:馬利政變之前與當局以及國外列強的談判進展為何?事件以來又是如何?
答:一月17日以來,沒有任何談判。沒有與當局或是外國列強有過談判。法國已經提出要與我們還有馬利政府會面。法國外長抵巴馬科之際曾提出談判之前的停戰要求。正當我們評估停火一事,馬利當局竟然派出兩百餘輛車對我們進攻。前總統圖雷破壞了這場法國提出的可能的談判。我們不要求法國或是阿爾及利亞去乞求馬利當局給予我們獨立。獨立並非給出來的,它是贏來的。通過地面上的戰鬥。
2012年1月又開始了武裝軍事鬥爭的「阿扎瓦德民族解放運動」,攻佔了昂代郎布坎(Andéramboukane)、梅納卡(Menaka)、泰薩利(Tessalit)、尼亞豐凱(Niafunké)、阿蓋洛克(Aguelhoc),與馬利政府軍的對抗上節節勝利,控制了馬利北方大部分地區,而該地區最大首府基達爾(Kidal)也遭其包圍,目的在贏得阿扎瓦德獨立政權的建立。該解放運動的國內外政治局發言人Mossa Ag Attaher接受Afrik .com訪問。編譯:陳虹君
MNLA : « L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite »
Interview du porte-parole de la rebellion au Mali
Le 28 MARS 2012 / PAR DOUNIA BEN MOHAMED

問:您對三月21日的馬利政變的反應為何?您將改變戰略嗎?您擔心馬利政府軍將如政變領導人所要求的,得到更多軍事資源嗎?
答:對於政變,我們持保留態度。在此之前,我們完全沒有針對此事件發表過任何看法。我寧可說是政府軍內部的萎靡不振,而非軍事資源上的缺乏。我可以告訴您,無論哪個政客或是軍官上台,並不會有更多的資源可使。馬利當局已經用盡各種手段、戰爭資源來打擊我們。飛機、直升機、裝甲、坦克......但總是吞敗仗。所以這不是資源不足或是軍事疏忽的問題,是意志抵觸的問題。我們將保持冷靜。因為我們已經知道當局沒有更多的手段來對付我們,更不會是一名年輕沒經驗的政變軍官能將我們擊退。
問:這於當地的影響為何?您會繼續以武力,迫使當局展開新的談判嗎?
答:我們並非在要挾馬利當局的這項邏輯裡。我們希望對當局,甚至全世界,展現阿扎瓦德的人民意志。我們的目標始終如一:解放北方三大城基達爾(Kidal)、高(Gao)以及通布圖(Tombouctou)。一月17日以降,我們的戰鬥並無改變。我們將會持續戰鬥直到全區解放。如果目前掌權的軍政府明確表示願意有利政治解決我們的問題,我們都願意聽。如果馬利政府採取並接受阿扎瓦德人民的自決權,我們將在同一天停止敵對行動。相反的,如果這位新手軍官要求以新的武力來攻擊我們,那麼我們得說,一場地面決戰是不可免。
問:究竟,您在當地掌握有多少勢力?
答:如今,我們佔據阿扎瓦德地區85%的領土。而該地區最大首府基達爾(Kidal)正被我們包圍,再過不久即將解放。我們拿下最重要的軍事基地阿瑪榭克(Amachech)、泰薩利(Tessalit)、阿蓋洛克(Aguelhoc),五十年來馬利政府駐紮的基地。
問:如果說這些起義的圖瓦雷克人,要求阿扎瓦德地區自治並非新鮮事,自今年一月17日,「阿扎瓦德民族解放運動」已經成為一個結構化的政治軍事組織,且在馬利北方幾個戰略要點擊潰政府軍。該運動的性質又是什麼?
答:阿扎瓦德民族解放運動是「革命運動」不是叛亂,其中有兩個實體單位:政治局與軍事參謀。中央政治局是由阿扎瓦德年輕的行政高層組成。軍事參謀由上校Mohamed Ag Najiim領導,負責協調地面上的一切行動,其組成人員基本上由從馬利政府軍裡潛逃出來的族人、過去流亡至利比亞後遭軍事鎮壓的圖瓦雷克人。
問:戰士共有多少人?
答:一個革命運動是無法給出確切(人員)數字的。我只能告訴您我們有超過兩千人。每天都有新的成員加入。上週,有超過六十位國家級和地方級的民選官員,包括市長和阿扎瓦德地區的代表加入。政變之前他們不敢有此作為,擔心遭到報復。如今,每天都有新的成員加入我們的行列。自一九六三年以降的起義,也是第一次的真正起義反抗,從來阿扎瓦德的居民都沒有認為就此結束了。那些離開原鄉,出國留學,或是加入國外軍事組織(尤其是在利比亞),皆取得專業技術要來改變這片土地。我們認為我們不能再死在他方。
問:確切而言,利比亞危機,造成許多原本在戈達費軍隊裡效力的圖瓦雷克人紛紛帶著武器資源回到阿扎瓦德,看起來似乎是成就一月17日起義以來軍事成功的原因?
答:不盡然。我們被指控在我們軍事參謀當中有利比亞的雇傭軍。一九六三的起義之後,圖瓦雷克人受到無情的鎮壓,所有12-15歲的年輕人走上流亡之路,紛紛逃往阿爾及利亞和利比亞。在這場流亡當中,那些逃往利比亞的青年發現一個有利的局勢,那就是加入軍隊學習軍事專長。就是前利比亞強人開放招募外國士兵訓練營的年代。這些年輕人大批地加入訓練營。接受相當重要的軍事訓練。根據國際的見證,這些加入戈達費軍事訓練團的圖瓦雷克人表現出非凡的軍事能力,並且於利比亞的軍隊裡陞遷晉級。在這個國家隊裡的兵士就是國家的軍人,遵守同樣的法紀,領取同樣的薪俸。為什麼稱他們是雇傭軍?其中有五百人回到阿扎瓦德。當班加西造反起義之際,戈達費的下面的所有士兵接收到命令。但是,媒體沒說的是,加入阿扎瓦德民族解放運動的幾百名圖瓦雷克人,是早在狄波里被攻下的前四個月就回來的,更早於蘇爾特淪陷的時候。那時的圖瓦雷克人回流,是戈達費最需要其部隊的時候,這也顯示他們與利比亞領導人的分歧。其中許多軍官按自身的職責,將整個軍營的庫存武器帶來。囊括武器、車輛、制服等。這裡要指出的是,這些戰士的軍事貢獻並非最大的。最重要的是馬利政府軍擁有令人難以置信的軍備庫存,其中是作為反恐的一部份,只是國家未曾執行。我們是在政府軍兵敗如山倒的時候接收他們的軍備,多數來自法國、阿爾及利亞、美國,而我們用之取得勝利。
問:馬利政變之前與當局以及國外列強的談判進展為何?事件以來又是如何?
答:一月17日以來,沒有任何談判。沒有與當局或是外國列強有過談判。法國已經提出要與我們還有馬利政府會面。法國外長抵巴馬科之際曾提出談判之前的停戰要求。正當我們評估停火一事,馬利當局竟然派出兩百餘輛車對我們進攻。前總統圖雷破壞了這場法國提出的可能的談判。我們不要求法國或是阿爾及利亞去乞求馬利當局給予我們獨立。獨立並非給出來的,它是贏來的。通過地面上的戰鬥。
Depuis le 17 janvier dernier, un groupe de combattants touareg, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), s’est fait connaître en attaquant des positions de l’armée malienne dans le nord du Mali, revendiquant l’indépendance de l’Azawad. Allant de victoire en victoire sur les formes armées maliennes et provoquant, indirectement, la chute du président ATT, à la suite d’un coup d’état militaire. Alors que la ville de Kidal, encerclée par les troupes du MNLA, serait sur le point d’être « libérée », Mossa Ag Attacher, chargé de communication du bureau politique du MNLA, au niveau national et international, répond aux questions d’Afrik.com.
Afrik.com : Comment avez-vous réagi au coup d’état militaire du 21 mars dernier ? Avez-vous changé de stratégie ? Craignez-vous que les forces maliennes soient davantage équipées comme le réclame les putschistes ?
Mossa Ag Attaher : Nous restons très distants et réservés par rapport à ce coup d’état. Nous ne nous sommes pas du tout exprimés sur le sujet avant aujourd’hui. Je préfère parler d’un malaise au sein de l’armée plutôt que d’un manque de moyens militaires. Je peux vous dire que n’importe quel officier ou homme politique qui arrive au pouvoir ne pourra utiliser plus de moyens. Le Mali a utilisé tous les moyens militaires dignes d’une guerre entre deux pays contre nous. Des avions, des hélicos, des blindés, des chars… mais l’échec a toujours été au rendez-vous. Donc ce n’est ni une question de manque de moyen ni de négligence mais une question de volontés opposées. Nous restons sereins. Nous savons que le Mali ne pourra pas utiliser plus de moyens contre nous, ce n’est pas un jeune capitaine qui arrive avec aucune expérience de l’Etat qui nous fera reculer.
Afrik.com : Quelles conséquences sur le terrain ? Allez-vous continuer à faire pression par les armes pour contraindre les nouvelles autorités à ouvrir des négociations ?
Mossa Ag Attaher : Nous ne sommes pas dans une logique de chantage avec l’Etat malien. Ce que nous voulons c’est leur montrer, ainsi qu’au monde entier, que la volonté de l’Azawad doit être entendue. Nos objectifs restent les mêmes : libérer les trois villes du nord, Kidal, Gao et Tine-Bouctou (Tombouctou). Notre combat n’a pas changé depuis le 17 janvier. Et l’on va continuer jusqu’à la libération totale de la zone. Si la junte au pouvoir aujourd’hui exprime de manière claire sa volonté de privilégier une solution politique pour le problème qui nous oppose à l’Etat malien, nous sommes disposés à l’entendre. Si l’Etat malien se reprend et accepte le droit du peuple de l’Azawad à l’autodétermination alors nous seront prêts à arrêter les hostilités le jour même. Par contre, si le capitaine qui a pris le pouvoir cherche des moyens nouveaux pour se battre contre nous, alors nous lui disons que le rendez-vous se fera sur le terrain.
Afrik.com : Justement, quelles sont vos positions sur le terrain ?
Mossa Ag Attaher : Aujourd’hui, nous occupons 85% du territoire de l’Azawad. Sachant qu’au moment où nous parlons Kidal est encerclée par nos troupes et devraient être libérées dans les heures prochaines. Nous avons mis en déroute l’armée malienne sur des positions importantes, dont Amachech, le camp le plus important, la ville d’Anéfis, Tessalit, Aguelhok. Des camps stratégiques de l’Etat malien depuis 50 ans.
Afrik.com : Si les rebellions touareg, revendiquant l’autonomie de l’Azawad, ne sont pas nouvelles, depuis le 17 janvier, le MNLA est apparu comme une organisation politique structurée et armée qui a réussi à mettre en déroute les forces armées maliennes sur plusieurs points stratégiques dans le nord du Mali. Quelle est la nature de votre mouvement ?
Mossa Ag Attaher : Le MNLA est un « mouvement révolutionnaire » pas une rébellion, qui a deux entités : le bureau politique et l’état-major militaire. Le bureau politique regroupe de jeunes cadres de l’Azawad. L’état-major militaire lui, dirigé par le colonel Mohamed Ag Najim, chargé de la coordination de toutes les actions sur le terrain, est essentiellement constitué d’officiers qui sont issus des rebellions passées, intégrées dans les forces militaires maliennes suite aux accords de paix et qui ont déserté l’armée depuis le 17 janvier. Ainsi que des touareg partis en exil suite à la répression militaire, en Libye notamment.
Afrik.com : Combien comptez-vous d’hommes ?
Mossa Ag Attaher : Un mouvement révolutionnaire ne peut donner le chiffre exact de ses membres. Je peux seulement vous dire que nous sommes plus de deux milliers. On enregistre tous les jours de nouvelles adhésions. La semaine dernière, on a enregistré l’adhésion de plus d’une soixantaine d’élus nationaux et communaux, notamment des maires et députés, de l’Azawad. Avant le coup d’état, ils avaient peur de le faire, par crainte des représailles. Depuis, on voit chaque jour de nouvelles personnes nous rejoindre. Depuis la révolte de 1963, première réelle révolte touareg, la population de l’Azawad ne s’est jamais mise en tête que c’était fini. Ceux qui ont quitté la région, pour aller étudier à l’étranger, ou se sont engagés en tant que militaire dans des armées étrangères, ont acquis un savoir-faire dans l’idée de l’utiliser pour un changement dans leur région. Notamment en Libye. Mais on s’est dit que nous ne pouvions pas continuer à mourir dans d’autres contrées.
Afrik.com : Justement, la crise en Libye, avec le retour de nombreux touareg qui étaient engagés dans les armées libyennes de Kadhafi dans l’Azawad, avec des armes et des équipements militaires dans leur bagage, semble avoir été le moteur essentielle de votre attaque du 17 janvier et de vos réussites militaires depuis ?
Mossa Ag Attaher : Pas du tout. On nous a accusés d’avoir au sein de nos états-majors des mercenaires libyens. Après la révolte de 1963, les touareg ont été victimes d’une répression incroyable, tous les jeunes de 12-15 ans ont dû prendre la route de l’exil en direction de l’Algérie, de la Libye. Au cours de cet exil, ceux qui se sont retrouvés en Libye, ont trouvé un contexte favorable à l’acquisition d’un savoir-faire militaire. C’était l’époque de l’ouverture des camps d’entrainement aux étrangers par l’ancien dictateur. Ces jeunes ont intégrés massivement ces camps. Ils y ont reçu un entrainement militaire très important. Selon les témoins internationaux, les touaregs qui ont intégrés ces camps ont fait preuve d’une aptitude militaire extraordinaire, et ont gravi les échelons de l’armée libyenne. Des militaires engagés dans une armée nationale, ce sont des militaires de ce pays qui obéissent aux ordres au même titre que tout soldat, avec les mêmes missions et les mêmes salaires. Pourquoi faire d’eux des mercenaires ? 500 d’entre eux ont ensuite quitté ces camps pour revenir dans l’Azawad. Quand il y a eu l’insurrection de Bengazi, comme tous les militaires sous Kadhafi, ils ont reçu des ordres. Mais ce que l’on ne dit pas, c’est que les centaines de combattants touareg qui ont rejoint le MNLA, sont arrivés quatre mois avant la prise de Tripoli, et longtemps avant la prise de Syrte. Ce retour à ce moment précis, au moment où Kadhafi avaient le plus besoin de ses forces, confirment qu’ils ont exprimé un désaccord avec le dirigeant libyen au moment de l’insurrection. Dont beaucoup d’officiers qui avaient sous leur responsabilité des camps militaires entiers, où se trouvaient des stocks d’armes importants qu’ils ont ramenées avec eux. Des armes, des véhicules, des uniformes, etc. Ceci étant, il faut préciser que l’apport militaire de ces combattants n’est pas le plus important actuellement. Le plus important est issu des stocks incroyables de l’armée malienne qui, dans le cadre de la lutte antiterroriste que l’Etat n’a jamais mené, ont été envoyé par la France, l’Algérie, les Etats-Unis et que nous avons récupéré au fil de nos victoires sur le terrain.
Afrik.com : Quel était l’état des négociations avec les autorités maliennes avant le coup d’état militaire, et avec les puissances étrangères ? Et depuis ?
Mossa Ag Attaher : Depuis le 17 janvier, il n’y a aucune négociation. Ni avec l’Etat malien ni avec les puissances étrangères. La France a fait des offres pour une rencontre entre l’Etat malien et nous. Le ministre français des Affaires étrangères lors de son passage à Bamako, a proposé un cessez-le-feu avant d’ouvrir des négociations. Mais au moment où nous l’envisagions, le Mali a envoyé plus de 200 véhicules pour attaquer nos positions. ATT a saboté la proposition de négociation française. On ne demande pas que la France ou l’Algérie supplie le Mali de nous donner notre indépendance. L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite. Par le combat, sur le terrain.
Afrik.com : Comment avez-vous réagi au coup d’état militaire du 21 mars dernier ? Avez-vous changé de stratégie ? Craignez-vous que les forces maliennes soient davantage équipées comme le réclame les putschistes ?
Mossa Ag Attaher : Nous restons très distants et réservés par rapport à ce coup d’état. Nous ne nous sommes pas du tout exprimés sur le sujet avant aujourd’hui. Je préfère parler d’un malaise au sein de l’armée plutôt que d’un manque de moyens militaires. Je peux vous dire que n’importe quel officier ou homme politique qui arrive au pouvoir ne pourra utiliser plus de moyens. Le Mali a utilisé tous les moyens militaires dignes d’une guerre entre deux pays contre nous. Des avions, des hélicos, des blindés, des chars… mais l’échec a toujours été au rendez-vous. Donc ce n’est ni une question de manque de moyen ni de négligence mais une question de volontés opposées. Nous restons sereins. Nous savons que le Mali ne pourra pas utiliser plus de moyens contre nous, ce n’est pas un jeune capitaine qui arrive avec aucune expérience de l’Etat qui nous fera reculer.
Afrik.com : Quelles conséquences sur le terrain ? Allez-vous continuer à faire pression par les armes pour contraindre les nouvelles autorités à ouvrir des négociations ?
Mossa Ag Attaher : Nous ne sommes pas dans une logique de chantage avec l’Etat malien. Ce que nous voulons c’est leur montrer, ainsi qu’au monde entier, que la volonté de l’Azawad doit être entendue. Nos objectifs restent les mêmes : libérer les trois villes du nord, Kidal, Gao et Tine-Bouctou (Tombouctou). Notre combat n’a pas changé depuis le 17 janvier. Et l’on va continuer jusqu’à la libération totale de la zone. Si la junte au pouvoir aujourd’hui exprime de manière claire sa volonté de privilégier une solution politique pour le problème qui nous oppose à l’Etat malien, nous sommes disposés à l’entendre. Si l’Etat malien se reprend et accepte le droit du peuple de l’Azawad à l’autodétermination alors nous seront prêts à arrêter les hostilités le jour même. Par contre, si le capitaine qui a pris le pouvoir cherche des moyens nouveaux pour se battre contre nous, alors nous lui disons que le rendez-vous se fera sur le terrain.
Afrik.com : Justement, quelles sont vos positions sur le terrain ?
Mossa Ag Attaher : Aujourd’hui, nous occupons 85% du territoire de l’Azawad. Sachant qu’au moment où nous parlons Kidal est encerclée par nos troupes et devraient être libérées dans les heures prochaines. Nous avons mis en déroute l’armée malienne sur des positions importantes, dont Amachech, le camp le plus important, la ville d’Anéfis, Tessalit, Aguelhok. Des camps stratégiques de l’Etat malien depuis 50 ans.
Afrik.com : Si les rebellions touareg, revendiquant l’autonomie de l’Azawad, ne sont pas nouvelles, depuis le 17 janvier, le MNLA est apparu comme une organisation politique structurée et armée qui a réussi à mettre en déroute les forces armées maliennes sur plusieurs points stratégiques dans le nord du Mali. Quelle est la nature de votre mouvement ?
Mossa Ag Attaher : Le MNLA est un « mouvement révolutionnaire » pas une rébellion, qui a deux entités : le bureau politique et l’état-major militaire. Le bureau politique regroupe de jeunes cadres de l’Azawad. L’état-major militaire lui, dirigé par le colonel Mohamed Ag Najim, chargé de la coordination de toutes les actions sur le terrain, est essentiellement constitué d’officiers qui sont issus des rebellions passées, intégrées dans les forces militaires maliennes suite aux accords de paix et qui ont déserté l’armée depuis le 17 janvier. Ainsi que des touareg partis en exil suite à la répression militaire, en Libye notamment.
Afrik.com : Combien comptez-vous d’hommes ?
Mossa Ag Attaher : Un mouvement révolutionnaire ne peut donner le chiffre exact de ses membres. Je peux seulement vous dire que nous sommes plus de deux milliers. On enregistre tous les jours de nouvelles adhésions. La semaine dernière, on a enregistré l’adhésion de plus d’une soixantaine d’élus nationaux et communaux, notamment des maires et députés, de l’Azawad. Avant le coup d’état, ils avaient peur de le faire, par crainte des représailles. Depuis, on voit chaque jour de nouvelles personnes nous rejoindre. Depuis la révolte de 1963, première réelle révolte touareg, la population de l’Azawad ne s’est jamais mise en tête que c’était fini. Ceux qui ont quitté la région, pour aller étudier à l’étranger, ou se sont engagés en tant que militaire dans des armées étrangères, ont acquis un savoir-faire dans l’idée de l’utiliser pour un changement dans leur région. Notamment en Libye. Mais on s’est dit que nous ne pouvions pas continuer à mourir dans d’autres contrées.
Afrik.com : Justement, la crise en Libye, avec le retour de nombreux touareg qui étaient engagés dans les armées libyennes de Kadhafi dans l’Azawad, avec des armes et des équipements militaires dans leur bagage, semble avoir été le moteur essentielle de votre attaque du 17 janvier et de vos réussites militaires depuis ?
Mossa Ag Attaher : Pas du tout. On nous a accusés d’avoir au sein de nos états-majors des mercenaires libyens. Après la révolte de 1963, les touareg ont été victimes d’une répression incroyable, tous les jeunes de 12-15 ans ont dû prendre la route de l’exil en direction de l’Algérie, de la Libye. Au cours de cet exil, ceux qui se sont retrouvés en Libye, ont trouvé un contexte favorable à l’acquisition d’un savoir-faire militaire. C’était l’époque de l’ouverture des camps d’entrainement aux étrangers par l’ancien dictateur. Ces jeunes ont intégrés massivement ces camps. Ils y ont reçu un entrainement militaire très important. Selon les témoins internationaux, les touaregs qui ont intégrés ces camps ont fait preuve d’une aptitude militaire extraordinaire, et ont gravi les échelons de l’armée libyenne. Des militaires engagés dans une armée nationale, ce sont des militaires de ce pays qui obéissent aux ordres au même titre que tout soldat, avec les mêmes missions et les mêmes salaires. Pourquoi faire d’eux des mercenaires ? 500 d’entre eux ont ensuite quitté ces camps pour revenir dans l’Azawad. Quand il y a eu l’insurrection de Bengazi, comme tous les militaires sous Kadhafi, ils ont reçu des ordres. Mais ce que l’on ne dit pas, c’est que les centaines de combattants touareg qui ont rejoint le MNLA, sont arrivés quatre mois avant la prise de Tripoli, et longtemps avant la prise de Syrte. Ce retour à ce moment précis, au moment où Kadhafi avaient le plus besoin de ses forces, confirment qu’ils ont exprimé un désaccord avec le dirigeant libyen au moment de l’insurrection. Dont beaucoup d’officiers qui avaient sous leur responsabilité des camps militaires entiers, où se trouvaient des stocks d’armes importants qu’ils ont ramenées avec eux. Des armes, des véhicules, des uniformes, etc. Ceci étant, il faut préciser que l’apport militaire de ces combattants n’est pas le plus important actuellement. Le plus important est issu des stocks incroyables de l’armée malienne qui, dans le cadre de la lutte antiterroriste que l’Etat n’a jamais mené, ont été envoyé par la France, l’Algérie, les Etats-Unis et que nous avons récupéré au fil de nos victoires sur le terrain.
Afrik.com : Quel était l’état des négociations avec les autorités maliennes avant le coup d’état militaire, et avec les puissances étrangères ? Et depuis ?
Mossa Ag Attaher : Depuis le 17 janvier, il n’y a aucune négociation. Ni avec l’Etat malien ni avec les puissances étrangères. La France a fait des offres pour une rencontre entre l’Etat malien et nous. Le ministre français des Affaires étrangères lors de son passage à Bamako, a proposé un cessez-le-feu avant d’ouvrir des négociations. Mais au moment où nous l’envisagions, le Mali a envoyé plus de 200 véhicules pour attaquer nos positions. ATT a saboté la proposition de négociation française. On ne demande pas que la France ou l’Algérie supplie le Mali de nous donner notre indépendance. L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite. Par le combat, sur le terrain.
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