March 29,2012 12:30

薩赫爾地區,馬利一觸擊發的火藥庫 - Au cœur du Sahel sous tension, la poudrière malienne

Au cœur du Sahel sous tension, la poudrière malienne
LE MONDE | 28.03.2012 à 08h00 • Christophe Ayad


場景發生在二○一一年三月十八日那天。當利比亞強人戈達費的坦克車隊正趕往叛亂城市班加西(Benghazi)之際,巴黎某個編輯室的電話響了。「喂,我是圖瓦雷克人的某首領。xxx『姊妹』是否還在利比亞?她是一位記者朋友,我們彼此認識對方。告訴她趕快離開班加西,因為我們就要過去了,不然會出麻煩事。」次日清晨,班加西遭到襲擊。幾個小時之後,北約展開空襲。戈達費的進攻隊伍遭到導彈的準確轟炸:焦黑的車輛、被炸得掀開的裝甲車、成為焦炭的士兵。

那些逃過轟炸的人帶著行李與軍火各自逃命。受戈達費招募多年的圖瓦雷克戰士,穿越過沙漠紛紛抵達尼日與馬利北方,回到他們的原鄉避難。爆發於二○一一年三月至十月的利比亞戰爭,期間不斷發生圖瓦雷克戰士潛逃事件。每每圖瓦雷克人都帶回不少戰爭物資:改裝於小型載重車後方的防空砲台、火箭發射器等。

自戈達費垮台後,很顯然地,此事在薩哈拉帶造成影響。戈達費四十二年的統領,該地區沒有任何一個權力或是叛亂組織是不受其資助、金援、武裝的。其衝擊潮不待六個月便已在馬利北部發酵。二○一二年初,「阿扎瓦德民族解放運動」(Mouvement national de libération de l'Azawad, MNLA),在馬利的圖瓦雷克族人領導下,一個一個地將其北方阿扎瓦德地區的城市接收,佔領。如今,該地區最大首府基達爾(Kidal)岌岌可危,不久的將來可遭攻下。有超過十萬區民逃往鄰國避難,九萬人流離失所。

這一連串的軍事失利足足讓馬利總統阿馬度.圖馬尼.圖雷(Amadou Toumani Touré, ATT)失去威信,遭到無能與怠惰等指控。一批憤怒的年輕軍官於三月21日政變推翻前總統。原定四月29日舉行總統大選。現在一切都擱置,國家陷入崩潰邊緣。

馬利是一切亂源匯聚且一處即發的浩瀚國度,從大西洋到印度洋的非法交易豢養該區的極端伊斯蘭份子「馬格里布蓋達基地組織」(Al-Qaida au Maghreb islamique, AQMI)同時也讓圖瓦雷克游擊隊與貪腐墮落的軍隊人員得利。在極端貧困與惡劣的環境中,馬利、布吉那法索、尼日,只要受到乾旱威脅就有飢荒的危機,而這正是今年的情況。

共謀集團

毒品(古柯鹼)來自南美洲,(大麻)來自摩洛哥。此地成為毒品集散地,其運銷幅員廣闊橫跨東西,由西奈半島轉入以色列,或是通過蘇丹進入波斯灣地區。百色粉末也可經南北道,直達地中海岸,於是進入歐洲。一路都有海關單位和軍事部門串通共犯護航,保鑣。而此次的政變也是針對前總統阿馬度.圖馬尼.圖雷與其親信靠此道撈取非法利益無數,所做出的抗議。

另外一項非法暴利的賺取,就是伊斯蘭馬格里布基地組織(AQMI)所進行的人質綁架。這些伊斯蘭基本教義派「Salafist傳道戰鬥團」的復興主要集中於阿德拉爾(Adrar)這片乾旱山區,地理上靠近尼日,橫跨阿爾及利亞與馬利。目前他們綁架了十三名西方人士當作人質,其中有六名法國人,以換取鉅額贖金(自二○○七年以來,一共以八十名人質換取了一億八千三百萬歐元)。錢也來自伊斯蘭馬格里布基地組織針對毒品運送所收取的保護費。

對馬利的將軍們而言, 打擊伊斯蘭馬格里布基地組織無疑是要他們放棄此利潤後的交易。這是可以理解的,於是在這種情況下,前總統圖雷不願意去面對所謂的反恐行動。這導致法國的憤怒,因為首先危急到其人質的安全;同樣也使得與極端份子做殊死鬥的阿爾及利亞和茅利塔尼亞感到無奈。儘管阿爾及利亞南方的 塔曼拉塞特(Tamanrasset)設有反恐指揮部,但該合作卻無法起作用。

伊斯蘭馬格里布基地組織的鬥士,估計大約在五百到千人之間,人數不見得眾多,但是其機動性以及與當地人士(尤其在圖瓦雷克的宗族裡)的互通有無,讓他們變得難以捉摸。「阿扎瓦德民族解放運動」提倡改革派伊斯蘭主義,但Ansar Eddine,前馬利國家談判代表Iyad Ag Ghali的武裝軍團走的卻是激進路線,希望建立伊斯蘭教法(charia)。

這個關口足以激起人們對非洲跨國恐怖主義的擔憂,形成所謂的恐怖三角:馬格里布基地組織、奈及利亞北方的博科聖地組織(Boko Haram)以及索馬利亞青年黨(Shebab)。這項威脅還僅止於想像,但當地的具體情況卻各不相同。尤其是自殺炸彈客的技術轉移,這點確實讓人憂心。加上從利比亞消失的數千枚便攜式地對空飛彈,專家們不排除周邊地區對民航機的襲擊。

來源:法國世界報
編譯:陳虹君
La scène se déroule le 18 mars 2011. Alors que les chars de Kadhafi foncent vers la ville rebelle de Benghazi, le téléphone sonne dans une rédaction parisienne. "Allô, je suis un chef touareg. La "sœur" X, elle est toujours en Libye ? C'est une journaliste amie, on se connaît bien. Dites-lui de quitter Benghazi si elle y est parce qu'on arrive et qu'il va y avoir du grabuge." Le lendemain dès l'aube, Benghazi est attaquée. Quelques heures après, les avions de l'OTAN entrent en action. L'offensive kadhafiste est écrasée sous les bombes de précision : véhicules carbonisés comme s'ils avaient explosé de l'intérieur, blindés décapsulés comme de vulgaires canettes, soldats consumés.

Ceux qui ont échappé au bombardement s'enfuient avec armes et bagages. Les combattants touaregs, enrôlés par Kadhafi depuis des années, tracent à travers le désert pour gagner le nord du Niger et du Mali, leur refuge originel. Tout au long de la guerre de Libye, de mars à octobre 2011, ces scènes de désertion se sont répétées. A chaque fois, les Touareg ont emmené du matériel de guerre : des batteries anti-aériennes montées à l'arrière de pick-up, des lance-roquettes.

Dès l'effondrement du régime Kadhafi, il était évident que sa chute aurait des répercussions dans toute la bande saharienne, où il n'est pas une rébellion ou un pouvoir qu'il n'ait, à un moment ou un autre, financé, armé, combattu ou parrainé durant les quatre dernières décennies. L'onde de choc n'a pas pris six mois pour atteindre le nord du Mali. Depuis le début de 2012, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), du nom du territoire revendiqué par les Touareg maliens, prend les villes les unes après les autres. Désormais, Kidal est sous la menace des rebelles. Plus de 100 000 habitants sont réfugiés hors du pays, 90 000 sont déplacés.

Cette série de défaites a achevé de discréditer le président Amadou Toumani Touré (ATT), accusé de mollesse et d'incompétence. Un groupe de jeunes officiers en colère l'a renversé le 22 mars 2012. L'élection présidentielle était censée avoir lieu le 29 avril. Désormais, tout est en suspens, et le pays au bord du gouffre.

Le Mali est le concentré explosif des maux d'une zone aussi immense que grise, qui va de l'Atlantique à l'océan Indien et où les trafics alimentent aussi bien les extrémistes islamistes d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), que les mouvements de guérilla touareg et l'état-major d'une armée gangrenée par la corruption. D'une pauvreté extrême, le Mali, à l'instar du Burkina Faso et du Niger, est vulnérable à la moindre sécheresse, qui se traduit immédiatement par un risque de famine, comme c'est le cas cette année.

COMPLICITÉS

La drogue vient d'Amérique du Sud (cocaïne) ou du Maroc (haschich). Elle emprunte un grand axe d'ouest en est, qui se sépare en deux pour partir, soit vers le Sinaï puis Israël par le Nord, soit vers le Golfe persique via le Soudan. La blanche suit aussi une route nord-sud vers des ports méditerranéens, d'où elle est embarquée vers l'Europe. Le convoyage se fait grâce à des complicités dans les douanes, l'administration et l'armée. C'est notamment pour protester contre l'enrichissement de l'entourage d'ATT que les putschistes ont effectué leur coup de force.

Autre source d'enrichissement, le business des otages enlevés par AQMI. Cette résurgence saharienne du Groupement salafiste pour la prédication et le combat algérien est concentrée dans l'Adrar des Ifoghas, un massif aride à cheval sur le Mali et l'Algérie, proche du Niger. C'est là qu'ils détiennent leurs otages - actuellement 13 Occidentaux dont 6 Français - échangés contre de fortes rançons (183 millions d'euros pour 80 otages, depuis 2007). L'argent provient aussi de la "protection" accordée par AQMI au convoyage de la drogue.

Combattre AQMI, pour les généraux maliens, revient donc à se priver des retombées d'un trafic lucratif. On comprend, dans ces conditions, le peu d'empressement d'ATT à se confronter aux katibat (brigades) d'AQMI. Ce qui n'a pas manqué de causer l'exaspération de la France, première visée par les prises d'otages, ainsi que de la Mauritanie et l'Algérie, engagées dans une lutte à mort contre l'islamisme radical. Malgré l'installation d'un commandement commun antiterroriste à Tamanrasset, dans le sud algérien, la coopération ne fonctionne pas.

Les combattants d'AQMI, estimés entre 500 et un millier, ne sont pas forcément très nombreux, mais leur mobilité et des complicités locales, notamment chez certaines lignées touarègues, les rendent insaisissables. Le MNLA défend un islam modéré, mais Ansar Eddine, le groupe d'Iyad Ag Ghali, ancien négociateur de l'Etat malien, est sur une ligne plus radicale et veut instaurer la charia.

Ces passerelles attisent la crainte d'une transnationale terroriste africaine qui réunirait en un triangle infernal AQMI, Boko Haram, dans le nord du Nigeria, et les Shebab de Somalie. Une telle menace ne tient encore que du fantasme, d'autant que les contextes locaux sont très différents. Mais le transfert de savoir-faire en matière de techniques d'attentats suicides inquiète. Et depuis la disparition de Libye de plusieurs milliers de missiles sol-air portatifs, les experts n'excluent plus un attentat contre un avion civil aux abords d'une capitale de la région.

  • hung_chun 發表於樂多回應(0)引用(0)ici et ailleurs 此處彼處編輯本文
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