2005年12月16日
L’anthropologie face à ses objets

Colloque International
L’anthropologie face à ses objets :
nouveaux contextes ethnographiques
23, 24 et 25 Janvier 2007
Campus de Saint-Charles, Université de Provence, Marseille
L’histoire de l’anthropologie est scandée par des débats de nature épistémologique et méthodologique sur les conditions de déploiement de son regard : sont alors interrogés les pratiques du terrain, les dispositifs d’analyse, les procédures de restitution (l’application, l’écriture) et les rapports aux instances politiques (pouvoirs locaux, commanditaires…). Ce nécessaire souci réflexif dans la démarche de l’anthropologue doit de nos jours être réévalué à l’aune d’une série de transformations sur lesquelles l’anthropologie porte son attention.
Parmi celles-ci, on mentionnera :
- la multiplication de situations conflictuelles (des tensions identitaires aux rapports de force ouverts entre groupes politiques ou sociaux, des conflits entre générations aux dégradations des relations « de genre »…) ;
- les expressions multiformes de la « transnationalisation » des religions, des codes culturels et des économies ;
- les références revisitées au passé – qu’il s’agisse de la colonisation ou de toutes formes de domination structurelle (apartheid, confinement des populations « indigènes », esclavage…) dans les sociétés du sud qui demeurent un des terrains de recherche privilégiés de l’anthropologie ;
- les places affectées à la pensée et à la recherche dans ces sociétés du sud où se modifient les équilibres entre accumulation des savoirs et applications, recherche fondamentale et expertise, sollicitations de l’anthropologie et constructions autonomes de ses objets.
Face à ces nouveaux contextes, l’exercice anthropologique voit ses contours et ses enjeux inévitablement interrogés. A partir de la confrontation d’expériences empiriques, l’objectif de ce colloque est donc de débattre de l’actualité de la démarche réflexive en anthropologie autour de trois thèmes complémentaires.
L’exercice réflexif au service de la production de savoirs
Quel que soit le point de la démarche anthropologique sur lequel il porte, nous entendons l’exercice de réflexivité comme la condition de production et de renouvellement des connaissances. Dans cette perspective, il s’agit de voir comment l’objet d’étude se révèle pleinement lors des situations d’enquête et en quoi ce retour réflexif peut être à la fois un instrument d’investigation, un moyen de recoupement des données recueillies, et une étape nécessaire à l’ouverture de nouvelles pistes de recherche. Sans faire de cet exercice une fin en soi, et tout en évitant les écueils du narcissisme et du subjectivisme, nous souhaitons donc réfléchir durant cette première session du colloque à la portée heuristique de la réflexivité qui est au principe même de la démarche anthropologique. De fait, se pencher sur ses méthodes dans des terrains transformés par ce que l’on nommera du terme générique de « crises » (identitaires, politiques, économiques…), ou s’interroger sur ses cadres d’analyse alors que l’on constate la difficulté croissante d’une approche cumulative du savoir anthropologique, ou encore analyser les enjeux autour de la production de discours dans des contextes singuliers, sont autant de décisions importantes qui permettent non seulement d’enrichir le corpus de questions épistémologiques et méthodologiques traitées par l’anthropologie, mais également d’aider à une meilleure compréhension des phénomènes observés. En d’autres termes, nous proposons que soit discutée et illustrée l’idée selon laquelle la réflexivité est fondatrice d’une connaissance renouvelée du social et non pas uniquement du regard que l’on peut porter sur celui-ci.
Ainsi, à titre d’exemple de questions pouvant être débattues, on mentionnera celle portant sur la difficile vulgarisation scientifique en anthropologie — par comparaison avec celle qu’arrivent à produire les sciences « dures » — ; difficulté qui ne peut être disjointe du constat d’une frontière ténue entre l’objet du discours anthropologique « vulgarisable » et le « sens commun ». Penser cette difficulté est aussi le moyen de rénover sa pensée sur la complexité du social.
C’est à cette capacité à interroger sa pratique pour pouvoir développer des problématiques de recherche innovantes que seront consacrées les communications de cette première session.
Réflexivité et interdisciplinarité
Le recours à l’interdisciplinarité peut être une des solutions privilégiées pour développer de nouvelles perspectives de recherche, et ce d’autant que l’anthropologie se trouve de plus en plus en situation de travailler avec d’autres disciplines, y compris en dehors du champ des sciences sociales. Cette « situation » peut résulter des collaborations qu’elle aura volontairement suscitées, ou survenir dès lors qu’elle répondrait à une demande. Par ailleurs, l’anthropologie, sans forcément recourir à des dispositifs interdisciplinaires, investit des objets aux marges de diverses disciplines : l’économique, le sanitaire ou le politique suscitent des regards anthropologiques qui se déploient parallèlement à ceux des disciplines dont ils constituent le cœur de la réflexion. Dans l’une comme dans l’autre situation, l’anthropologie doit effectuer un exercice de négociation. Négociation de ses choix méthodologiques et de sa problématisation des questions de recherche, de ses propres conceptions de l’exercice anthropologique et de son corpus théorique, aussi bien lorsqu’elle « travaille avec » d’autres disciplines que lorsqu’elle s’intéresse à des objets de l’interdisciplinarité.
Associant illustrations et conceptualisations de ces deux situations d’interdisciplinarité, les réflexions attendues durant cette deuxième session pourront s’interroger sur les effets de telles postures sur la pratique de l’anthropologie : ces ouvertures disciplinaires, qu’elles passent par des objets nouveaux ou par la confrontation à des paradigmes disciplinaires différents, relèvent-elles d’une rénovation de l’anthropologie ou de son nivellement par le bas, résultant d’un affadissement de ses méthodes et de ses référents théoriques ? Sont-elles exclusives d’autres façons de « faire de l’anthropologie » ou donnent-elles corps à d’autres disciplines (la « socio-anthropologie », l’ « anthropologie appliquée ») ?
Questions de méthode et déontologies
Indissociable de l’émergence de nouveaux objets et de nouveaux contextes, les méthodes et déontologies de l’anthropologie se trouvent profondément mises en cause. S’agissant de nos méthodes, nos objets reformulés suivant les directions indiquées précédemment obligent notamment à reconsidérer la question de l’observation participante : jusqu’à quel point structure-t-elle l’ethnographie, quelles en sont les nouvelles formes et comment se modulent-elle face à des contraintes d’ordre déontologique ? Sur ce dernier point, l’anthropologue se trouve en effet de plus en plus fréquemment dans des situations de recherche (tant au niveau de la conception de son étude qu’au fil de son terrain) où il se trouve confronté à la nécessité d’« arbitrages » autour de :
- la construction d’une enquête avec des outils méthodologiques cohérents au regard de son questionnement anthropologique ;
- l’inscription de sa démarche dans un cadre déontologique certes pré-existant mais dont il convient de négocier en permanence les termes (préservation de la confidentialité, souci de l’anonymat de ses sources, volonté de garder un regard distant qui ne soit pas indifférent…) ;
- l’imposition croissante par les sujets de ses enquêtes (individus, groupes sociaux, familiaux ou religieux, réseaux professionnels…) des conditions de la recherche : droits de propriété sur les enregistrements sonores et visuels collectés, droits de regard sur les analyses produites, les récits de vie mis en forme ou les publications envisagées ;
- la difficulté de délimiter un cadre précis de référence de l’objet du fait de la multiplicité des niveaux à appréhender (du local à l’international) et du nombre croissant des supports d’information à considérer ;
- l’hétérogénéité croissante des situations locales à lier à la mobilité des acteurs et à la multiplication des niveaux de langue.
De ces nouvelles contraintes pesant sur l’exercice de l’anthropologie découlent plusieurs interrogations essentielles sur les choix et les limites de l’enquête, sur l’existence d’une certaine « autocensure », sur la manière de négocier sa place, et plus largement sur les usages sociaux des savoirs. L’objectif de cette dernière session sera donc d’actualiser le débat sur les enjeux déontologiques, voire éthiques, de la pratique ethnologique au regard des changements survenus sur nos terrains d’enquête.
Les intentions de communications de 1 à 2 pages, précisant à la fois les objets, les terrains d’étude ainsi que les termes généraux de la réflexion théorique, devront parvenir à Olivier Leservoisier (o.leservoisier@wanadoo.fr) et Laurent Vidal (vidal@up.univ-mrs.fr) pour le 15 avril 2006. Les auteurs seront informés des décisions du Comité scientifique le 30 juin 2006. Les textes des communications sont demandés avant le Colloque, pour le 15 décembre 2006, de façon à faciliter le travail des rapporteurs et à pouvoir préparer dans les meilleurs délais l’ouvrage issu du colloque. Les textes définitifs devront parvenir au Comité scientifique le 30 mars 2007.
Comité scientifique :
Francis AFFERGAN (Université Paris 5)
Michel AGIER (IRD - EHESS, Directeur du Centre d’Etudes Africaines)
Francis AKINDES (Université nationale de Côte d’Ivoire)
Frank ALVAREZ-PEREYRE (Université Paris 5, Directeur de l’UMR « Langues, Musiques, Sociétés »)
Doris BONNET (IRD)
Jacky BOUJU (Université de Provence - Aix-Marseille I)
Robert GIBB (Université de Glasgow)
Marc-Eric GRUENAIS (IRD, Directeur de l’UR « Acteurs et système de santé en Afrique »)
Jean JAMIN (EHESS)
Mondher KILANI (Université de Lausanne)
Gérard LENCLUD (CNRS, Directeur du Département « Hommes et Sociétés »)
Olivier LESERVOISIER (Université Paris 5)
Laurent VIDAL (IRD)
Comité d’organisation :
Jacky BOUJU (Université de Provence – Aix-Marseille I)
Marc-Eric GRUENAIS (IRD, Directeur Unité de recherche « Acteurs et système de santé en Afrique »)
Olivier LESERVOISIER (Université Paris 5)
Laurent VIDAL (IRD)
註:Dumont, Louis (1911-1998), anthropologue français.他的《階序人》、《論個人主義》及對於「平等」概念的研究,是我論文中非常重要的一部分。而我想,也就從他的研究中,可得了解人類學家是如何看得現代性的。圖片是Stéphane Vibert的書,很幸運地,在離開法國前幾天剛好看到。
這個Call for papers, Appel à contributions 是由法國人類學學會所召開的國際性的研討會。依計劃的內容,強調的是從「本體論」、「知識論」與「方法論」上的多層次的反思與跨學科的研究。這種法國人類學的傳統,與英美傳統很不同,我想也會比較容易應用於當下的情境--不管是學術上的,還是實質上的。
- la multiplication de situations conflictuelles (des tensions identitaires aux rapports de force ouverts entre groupes politiques ou sociaux, des conflits entre générations aux dégradations des relations « de genre »…) ;
- les expressions multiformes de la « transnationalisation » des religions, des codes culturels et des économies ;
- les références revisitées au passé – qu’il s’agisse de la colonisation ou de toutes formes de domination structurelle (apartheid, confinement des populations « indigènes », esclavage…) dans les sociétés du sud qui demeurent un des terrains de recherche privilégiés de l’anthropologie ;
- les places affectées à la pensée et à la recherche dans ces sociétés du sud où se modifient les équilibres entre accumulation des savoirs et applications, recherche fondamentale et expertise, sollicitations de l’anthropologie et constructions autonomes de ses objets.
Face à ces nouveaux contextes, l’exercice anthropologique voit ses contours et ses enjeux inévitablement interrogés. A partir de la confrontation d’expériences empiriques, l’objectif de ce colloque est donc de débattre de l’actualité de la démarche réflexive en anthropologie autour de trois thèmes complémentaires.
L’exercice réflexif au service de la production de savoirs
Quel que soit le point de la démarche anthropologique sur lequel il porte, nous entendons l’exercice de réflexivité comme la condition de production et de renouvellement des connaissances. Dans cette perspective, il s’agit de voir comment l’objet d’étude se révèle pleinement lors des situations d’enquête et en quoi ce retour réflexif peut être à la fois un instrument d’investigation, un moyen de recoupement des données recueillies, et une étape nécessaire à l’ouverture de nouvelles pistes de recherche. Sans faire de cet exercice une fin en soi, et tout en évitant les écueils du narcissisme et du subjectivisme, nous souhaitons donc réfléchir durant cette première session du colloque à la portée heuristique de la réflexivité qui est au principe même de la démarche anthropologique. De fait, se pencher sur ses méthodes dans des terrains transformés par ce que l’on nommera du terme générique de « crises » (identitaires, politiques, économiques…), ou s’interroger sur ses cadres d’analyse alors que l’on constate la difficulté croissante d’une approche cumulative du savoir anthropologique, ou encore analyser les enjeux autour de la production de discours dans des contextes singuliers, sont autant de décisions importantes qui permettent non seulement d’enrichir le corpus de questions épistémologiques et méthodologiques traitées par l’anthropologie, mais également d’aider à une meilleure compréhension des phénomènes observés. En d’autres termes, nous proposons que soit discutée et illustrée l’idée selon laquelle la réflexivité est fondatrice d’une connaissance renouvelée du social et non pas uniquement du regard que l’on peut porter sur celui-ci.
Ainsi, à titre d’exemple de questions pouvant être débattues, on mentionnera celle portant sur la difficile vulgarisation scientifique en anthropologie — par comparaison avec celle qu’arrivent à produire les sciences « dures » — ; difficulté qui ne peut être disjointe du constat d’une frontière ténue entre l’objet du discours anthropologique « vulgarisable » et le « sens commun ». Penser cette difficulté est aussi le moyen de rénover sa pensée sur la complexité du social.
C’est à cette capacité à interroger sa pratique pour pouvoir développer des problématiques de recherche innovantes que seront consacrées les communications de cette première session.
Réflexivité et interdisciplinarité
Le recours à l’interdisciplinarité peut être une des solutions privilégiées pour développer de nouvelles perspectives de recherche, et ce d’autant que l’anthropologie se trouve de plus en plus en situation de travailler avec d’autres disciplines, y compris en dehors du champ des sciences sociales. Cette « situation » peut résulter des collaborations qu’elle aura volontairement suscitées, ou survenir dès lors qu’elle répondrait à une demande. Par ailleurs, l’anthropologie, sans forcément recourir à des dispositifs interdisciplinaires, investit des objets aux marges de diverses disciplines : l’économique, le sanitaire ou le politique suscitent des regards anthropologiques qui se déploient parallèlement à ceux des disciplines dont ils constituent le cœur de la réflexion. Dans l’une comme dans l’autre situation, l’anthropologie doit effectuer un exercice de négociation. Négociation de ses choix méthodologiques et de sa problématisation des questions de recherche, de ses propres conceptions de l’exercice anthropologique et de son corpus théorique, aussi bien lorsqu’elle « travaille avec » d’autres disciplines que lorsqu’elle s’intéresse à des objets de l’interdisciplinarité.
Associant illustrations et conceptualisations de ces deux situations d’interdisciplinarité, les réflexions attendues durant cette deuxième session pourront s’interroger sur les effets de telles postures sur la pratique de l’anthropologie : ces ouvertures disciplinaires, qu’elles passent par des objets nouveaux ou par la confrontation à des paradigmes disciplinaires différents, relèvent-elles d’une rénovation de l’anthropologie ou de son nivellement par le bas, résultant d’un affadissement de ses méthodes et de ses référents théoriques ? Sont-elles exclusives d’autres façons de « faire de l’anthropologie » ou donnent-elles corps à d’autres disciplines (la « socio-anthropologie », l’ « anthropologie appliquée ») ?
Questions de méthode et déontologies
Indissociable de l’émergence de nouveaux objets et de nouveaux contextes, les méthodes et déontologies de l’anthropologie se trouvent profondément mises en cause. S’agissant de nos méthodes, nos objets reformulés suivant les directions indiquées précédemment obligent notamment à reconsidérer la question de l’observation participante : jusqu’à quel point structure-t-elle l’ethnographie, quelles en sont les nouvelles formes et comment se modulent-elle face à des contraintes d’ordre déontologique ? Sur ce dernier point, l’anthropologue se trouve en effet de plus en plus fréquemment dans des situations de recherche (tant au niveau de la conception de son étude qu’au fil de son terrain) où il se trouve confronté à la nécessité d’« arbitrages » autour de :
- la construction d’une enquête avec des outils méthodologiques cohérents au regard de son questionnement anthropologique ;
- l’inscription de sa démarche dans un cadre déontologique certes pré-existant mais dont il convient de négocier en permanence les termes (préservation de la confidentialité, souci de l’anonymat de ses sources, volonté de garder un regard distant qui ne soit pas indifférent…) ;
- l’imposition croissante par les sujets de ses enquêtes (individus, groupes sociaux, familiaux ou religieux, réseaux professionnels…) des conditions de la recherche : droits de propriété sur les enregistrements sonores et visuels collectés, droits de regard sur les analyses produites, les récits de vie mis en forme ou les publications envisagées ;
- la difficulté de délimiter un cadre précis de référence de l’objet du fait de la multiplicité des niveaux à appréhender (du local à l’international) et du nombre croissant des supports d’information à considérer ;
- l’hétérogénéité croissante des situations locales à lier à la mobilité des acteurs et à la multiplication des niveaux de langue.
De ces nouvelles contraintes pesant sur l’exercice de l’anthropologie découlent plusieurs interrogations essentielles sur les choix et les limites de l’enquête, sur l’existence d’une certaine « autocensure », sur la manière de négocier sa place, et plus largement sur les usages sociaux des savoirs. L’objectif de cette dernière session sera donc d’actualiser le débat sur les enjeux déontologiques, voire éthiques, de la pratique ethnologique au regard des changements survenus sur nos terrains d’enquête.
Les intentions de communications de 1 à 2 pages, précisant à la fois les objets, les terrains d’étude ainsi que les termes généraux de la réflexion théorique, devront parvenir à Olivier Leservoisier (o.leservoisier@wanadoo.fr) et Laurent Vidal (vidal@up.univ-mrs.fr) pour le 15 avril 2006. Les auteurs seront informés des décisions du Comité scientifique le 30 juin 2006. Les textes des communications sont demandés avant le Colloque, pour le 15 décembre 2006, de façon à faciliter le travail des rapporteurs et à pouvoir préparer dans les meilleurs délais l’ouvrage issu du colloque. Les textes définitifs devront parvenir au Comité scientifique le 30 mars 2007.
Comité scientifique :
Francis AFFERGAN (Université Paris 5)
Michel AGIER (IRD - EHESS, Directeur du Centre d’Etudes Africaines)
Francis AKINDES (Université nationale de Côte d’Ivoire)
Frank ALVAREZ-PEREYRE (Université Paris 5, Directeur de l’UMR « Langues, Musiques, Sociétés »)
Doris BONNET (IRD)
Jacky BOUJU (Université de Provence - Aix-Marseille I)
Robert GIBB (Université de Glasgow)
Marc-Eric GRUENAIS (IRD, Directeur de l’UR « Acteurs et système de santé en Afrique »)
Jean JAMIN (EHESS)
Mondher KILANI (Université de Lausanne)
Gérard LENCLUD (CNRS, Directeur du Département « Hommes et Sociétés »)
Olivier LESERVOISIER (Université Paris 5)
Laurent VIDAL (IRD)
Comité d’organisation :
Jacky BOUJU (Université de Provence – Aix-Marseille I)
Marc-Eric GRUENAIS (IRD, Directeur Unité de recherche « Acteurs et système de santé en Afrique »)
Olivier LESERVOISIER (Université Paris 5)
Laurent VIDAL (IRD)
註:Dumont, Louis (1911-1998), anthropologue français.他的《階序人》、《論個人主義》及對於「平等」概念的研究,是我論文中非常重要的一部分。而我想,也就從他的研究中,可得了解人類學家是如何看得現代性的。圖片是Stéphane Vibert的書,很幸運地,在離開法國前幾天剛好看到。
這個Call for papers, Appel à contributions 是由法國人類學學會所召開的國際性的研討會。依計劃的內容,強調的是從「本體論」、「知識論」與「方法論」上的多層次的反思與跨學科的研究。這種法國人類學的傳統,與英美傳統很不同,我想也會比較容易應用於當下的情境--不管是學術上的,還是實質上的。
引用URL
http://cgi.blog.roodo.com/trackback/872403
回應文章 
那個小疑問, 我是不懂人類學, 不過我人類學的朋友 (其師是在英國唸書的) 看問題時就常常把「本體論」、「知識論」與「方法論」掛在嘴邊, 看起來好像也不是那麼不同... 還有看了一些沒看到「本體論」(ontologie), 倒是看到不少「學術責任論」(déontologie), 是不是看錯了 ?
Posted by wenjen
at 2005年12月17日 02:36
「二分法」往往多少有點粗暴,不過我的措詞是:
「強調的是從『本體論』、『知識論』與『方法論』上的多層次的反思與跨學科的研究。這種法國人類學的傳統,與英美傳統很不同,我想也會比較容易應用於當下的情境--不管是學術上的,還是實質上的。」
英美的人類學傳統,是功能學派的,就算是後來也有所謂的「結構功能論」,但是這裡所說的「結構」,卻是與法國人類學的結構主義之間,有非常大的不同--我說的是「傳統」,這個傳統之所以出現,並不是想像一個「法國精神」的來創造個「被發明的傳統」---我對本質論沒有興趣---這主要是由於法國的學院制度與英美的學院制度不同所致。
英美,就我所知,雖然已經較不談「價值中立」了,但是「科學性」還是他們的關懷所在,研究者的「介入」、「判斷」,還是非常地小心翼翼。談本體、知識,當然可以談,不也是有一堆人在談解搆,但是對於學者自身,也做為一個社會人、公共知識份子,或就是很簡單的,就是個「人」,我總還是隱隱地覺得功能論、經驗傳統下的英美人類學,還是一個冷冷的學術人---也許也就從這個傳統下,勉強可以理解為什麼「學術責任論」竟是個重要的主題--這無關好壞對錯,甚至我也沒有意思說,英美的「學術人」與法國的「學術人」之間,就有什麼必然的。就是入戲了、參與了,但還是要有個「倫理」與「學術責任」,我想有上了議程,有討論,總是件好事。相對的,就我所知,這樣的題目可不容易成為英美社科界的題目。
附上LSE的人類學博士在近幾年的論文題目,了解一下他們的味道。
「強調的是從『本體論』、『知識論』與『方法論』上的多層次的反思與跨學科的研究。這種法國人類學的傳統,與英美傳統很不同,我想也會比較容易應用於當下的情境--不管是學術上的,還是實質上的。」
英美的人類學傳統,是功能學派的,就算是後來也有所謂的「結構功能論」,但是這裡所說的「結構」,卻是與法國人類學的結構主義之間,有非常大的不同--我說的是「傳統」,這個傳統之所以出現,並不是想像一個「法國精神」的來創造個「被發明的傳統」---我對本質論沒有興趣---這主要是由於法國的學院制度與英美的學院制度不同所致。
英美,就我所知,雖然已經較不談「價值中立」了,但是「科學性」還是他們的關懷所在,研究者的「介入」、「判斷」,還是非常地小心翼翼。談本體、知識,當然可以談,不也是有一堆人在談解搆,但是對於學者自身,也做為一個社會人、公共知識份子,或就是很簡單的,就是個「人」,我總還是隱隱地覺得功能論、經驗傳統下的英美人類學,還是一個冷冷的學術人---也許也就從這個傳統下,勉強可以理解為什麼「學術責任論」竟是個重要的主題--這無關好壞對錯,甚至我也沒有意思說,英美的「學術人」與法國的「學術人」之間,就有什麼必然的。就是入戲了、參與了,但還是要有個「倫理」與「學術責任」,我想有上了議程,有討論,總是件好事。相對的,就我所知,這樣的題目可不容易成為英美社科界的題目。
附上LSE的人類學博士在近幾年的論文題目,了解一下他們的味道。
Posted by MF
at 2005年12月17日 17:19